La vie et le pouvoir (B seid Béjaia)

Publié le par lydia

 

Ce texte m’a été envoyé par un jeune algérien né en 1978 dans les montagnes de la kabylie. Il avait arrêté ses études au collège durant l’année du boycott scolaire pour la langue berbère. Une fois l’année du boycott est finie, il avait décidé de ne plus reprendre les bancs de l’école. Peut être qu’il n’est pas le seul dans ce cas. Pour fuir le village et le vide qui y régnait, il n’avait trouvé qu’une seule solution devant ses yeux : s’engager dans la marine nationale pendant cinq ans et sortir après, avec un peu d’argent et surtout des diplômes pour se réinsérer dans la vie civile. Hélas ! A sa sortie, la vie est devenue plus difficile, le chaumage fait rage dans les villages. Depuis pour combler le grand vide, il consacre son temps à écrire, à dessiner des caricatures et à faire des sculptures dans la cave de ses parents qu’il a aménagé pour y faire son atelier.

Aujourd’hui, pour ne pas laisser ses écrits et son travail en général mourir et moisir dans cette cave, j’ai décidé de lui donner de l’espace sur mon blog.

 

 « Tu parles tu meurt

Tu te tait tu meurt, alors parle et meurt » Tahar Djaout

 

La vie et le pouvoir

 

La vie tu commence à m’énerver

Tu veux me séparer de la tranquillité

Tu veux que je devienne un homme méchant

Parmi ces bourreaux et ces charlatans

 

Dans ce pays de Président et de ministres

Même le GIA recrute des terroristes

Qui pourra trouver la solution

Pour finir avec cette situation ?

 

Le président habite dans la télévision

Tous les algériens écoutent sa discussion

Ses allocutions sans interruption

 

Les journalistes souffrent de questions

Parce qu’il n’ y a pas de liberté d’expression

Si tu tentes de critiquer le pouvoir

La vie pourra te dire au revoir

Si tu critiques les terroristes

Tu deviendras la première cible sur leur liste

 

Alors je disais que c’est un beau pays

Mais mon cœur me dis : je suis désolé

Je suis algérien, je ne peux pas voler

L’Algérie c’est mon beau pays

Quelque soit le prix à payer

Je reste à dire à vérité

Même si vous voulez me kidnapper

Je prie le bon Dieu pour qu’il nous donne de la force

Pour combattre cette souffrance

On se regroupe hommes et femmes

De ce pouvoir on fait une flamme

Etes vous des terroristes ou du pouvoir

C’est ce qu’on veut savoir

 

La nuit les algériens ne dorment pas

Ils ont peur des attentats

Mais ils commencent à s’habituer

Même si le cauchemar continue

 

Chaque discours avec des promesses

Nous préparons avec souplesse

 

Les haragas *sur les planches dans la mer

C’est fort possible qu’ils meurent sans leurs mères

Les kamikazes se fabriquent partout

Et vous vous cachez dans des trous

 

Le pétrole flambe chaque jour

Mais le sang comme un parfum d’amour

Je prie Dieu qu’il nous donne du courage

Pour mettre ces salauds dans des cages

 

On a marre de ce système, de cette politique criminelle

On a marre de vos informations

Boudiaf, vous l’avez assassiné en direct à la télévision

Vous parlez de la réconciliation

Où se cache la liberté d’expression ?

Les journalistes dans les prisons

Putain dites nous pour quelle raison ?

La réconciliation est faite pour vous et les terros.

La constitution n’est pas la solution

Pour faire dormir le peuple sans réclamations

Changer ses idées idiotes

Tout le monde le sait que vous êtes des bourreaux.

 

 

B. Seid  janvier 2008

 

 

 

 

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Publié dans politique

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