L'Algérie va vers le néant
« Un squelette attend quelque part que les honneurs lui soient rendus » Tahar Djaout dans son livre « les chercheurs d’os »
Qui n’a pas vu ou entendu le député RDC, M Nordine Ait Hamouda, déclarait lors d’une intervention à « l’assemblée nationale populaire », sept mois après les événements dits « printemps noir » de la Kabylie : « un ministre de l’intérieur spécialiste dans la manipulation, des contre vérités et de l’intox …qui n’a pas encore compris que l’Algérie des années 2000 n’est pas celle de 1964. » Lors de cette même intervention, ce député avec lequel je n’ai aucune sympathie politique a, à mon sens le mérite et le courage de montrer des photos montrant le flagrant délit des services de police dans la manipulation des manifestants. Avec des phrases aussi crues a fini par demander aux membres du gouvernement présent dans la salle : « jusqu’à quand vous allez continuer à gérer le pays comme ça ? Vous allez où ? ». Celui ou celle qui n’avait pas l’occasion de voir cette intervention, je l’invite à la voir sur le site Dailymotion.
Qui n’a pas eu l’occasion de lire ou au moins d’entendre parler du livre de Habib Souaidia : « la salle guerre » ?
Qui n’a pas eu l’occasion de lire ou au moins d’entendre parler du livre de Hichem Aboud : « la mafia des généraux » ?
Qui n’a pas eu l’occasion de lire ou au moins d’entendre parler du livre de Nessroulah Yous : « Qui a tué à Bentalha » ?
Qui n’a pas eu l’occasion de lire ou au moins d’entendre parler du livre de Sid Ahmed Semiane : « au refuge des balles perdues » ?
Qui n’a pas eu l’occasion de lire ou au moins d’entendre parler du livre de Mohamed Samraoui : « Chronique des années de sang » ?
Qui n’a pas eu l’occasion de lire ou au moins d’entendre parler du livre de Mohamed Benchicou : « Bouteflika, une imposture algérienne » ?
Qui n’a pas eu l’occasion de lire ou au moins d’entendre parler du livre de Lounis Aggoun et Jean-Batptiste Rivoire : « Françalgérie. Crimes et mensonges d’États » ?
Qui n’a pas eu l’occasion de lire ou d’entendre parler du livre de Hocine Ait Ahmed « L’affaire Ali Mecili » ?
Qui n’a pas eu l’occasion de lire Mr Yasmina Khadra dans le quotidien espagnol « EL PAIS » du 1er juin 2007 où il avait déclarait : « Non ! Le système sclérosé cherche à se maintenir coûte que coûte, grâce à ses hypocrisies. Les mêmes incompétences nous proposent les mêmes malheurs. Les mêmes opportunistes menacent notre hypothétique devenir. Que faire ? Où donner de la tête ? A quel saint se vouer ?… C’est la perplexité, le dégoût, la rage au cœur qui officie dans nos rues. Qu’attendre d’un système en total décalage avec la mondialisation effrénée en train de bouffer la planète entière ? Qu’attendre d’une gouvernance qui a sinistré nos écoles et nos universités, mis à genoux nos institutions et nos entreprises, aggravé la fuite hémorragique de nos cerveaux, élargi les fractures sociales, dénaturé les rapports humains, avili la citoyenneté, travesti nos rêves, dénaturé nos aspirations avant de creuser le lit de la déferlante islamiste et jeter le pays dans la crue des horreurs et du sang ? Les années de terreur et d’assassinats, les milliers de morts et d’attentats n’ont toujours pas éveillé nos gouvernants à la réalité des choses. Nos villages massacrés, nos villes abâtardies, nos idoles immolées comme les moutons de l’Aïd n’ont finalement servi à rien. Les mêmes gueules nous narguent du haut des tribunes, la même épée de Damoclès surplombe nos nuques basses. Après tant de deuils et de traumatismes, le peuple algérien se retrouve à la case départ, otage du même système pourri et face aux mêmes incertitudes. La corruption a atteint des proportions sans précédent. » ? (J’appelle les électeurs à ne pas confondre Yasmina Khadra avec Mohamed Moulassehoul, car comme le chante Renaud : il y a Renaud et le Renard, il y a Gainsboug et Gainsbarg.)
Qui n’a pas eu l’occasion de lire l’article de Rachid Benyellès, le général à la retraite publié dans le journal « le monde » ce dernier mois ?
Qui n’a pas eu l’occasion de lire le rapport de « Transparency International » de 2007 qui a classé notre cher pays parmi les plus corrompu dans le monde ?
Certes, on ne peut pas classer tous ces livres et ces déclarations dans le même registre, mais après leur lecture, je me pose une seule question :
Après toutes ces publications y’a-t-il autre chose à rajouter sur ce qui s’est passé et de ce qui se passe dans notre pays ?
Après toutes ces publications, y’a-t-il quelque chose qui a bougé dans notre pays ? Qui n’a pas eu l’occasion de lire le livre de Boudiaf « Où va l’Algérie ? »
Après toutes ces déclarations et les milliers de morts, notre pays, hélas ! Mille fois hélas ! en réponse au livre du défunt Boudiaf , le Président qu’on avait assassiné en direct à la télévision, je dirai que notre pays va vers le néant. C’est une vision pessimiste, mais je pense que c’est une réalité devant laquelle on ne veut pas ouvrir les yeux. Après 10 ans de règne sur l’Algérie, Bouteflika a réussi à faire reculer le pays. Il a réussi à museler la presse en modifiant le code pénal et avec l’emprisonnement de Benchicou durant deux ans. Bouteflika a bien bénéficie de la flambée du prix du pétrole mais résistera-t-il à cette nouvelle crise qui secoue tous les pays y compris les plus grandes puissances du monde ?
La modification de la constitution algérienne faite ce dernier mois pour permettre à « notre » président de rester à son poste à vie et créer une nouvelle monarchie en Afrique du nord est le signe du désastre et de l’anéantissement de toutes les forces d’oppositions et des forces civiles.
La jeunesse algérienne, qui n’a qu’un seul rêve : Quitter le pays et à défaut : faire des affaires pour gagner des milliards, pourra-t-elle résister, patienter et accumuler les frustrations pendant les années à venir ?
Un jour, le 30/09/2007, Eric Zemmour, le chroniqueur de « On n’est pas couché » de France 2, avait demandé à Yasmina Khadra qui était l’invité de l’émission « Que faites-vous pour vous débarrasser de vos généraux, les tyrans qui pompent vos richesses en toute impunité ? Il Nous a fallu plus d’une année pour connaître la réponse de ce dernier : Mettre son nom et sa notoriété internationale au service de Bouteflika au niveau du centre culturel algérien à Paris. Y-a-t-il un espoir de mettre fin à ce désespoir qui brille dans le yeux de notre jeunesse ?
Y- a-t- il un espoir de mettre dehors toutes ces personnes qui ont sucer le sang des algériens ?
En Amérique, on parle de la fin de la ségrégation. OBAMA est devenu président des Etats Unis d’Amérique. En France Ségolène Royale est entrain de mettre à la porte les éléphants du parti socialiste français.
En Yougoslavie, on a fini par mettre les responsables des crimes devant le tribunal pénal international. Ce qui est aussi le cas du Rwanda…. En Afrique du Sud, on réussi à libérer Mandela …..
Il n’y a que notre pays qui ne cesse de reculer malgré tous les efforts de sa jeunesse.
Rahim Bouaich 23/11/08