Bouteflika Président (suite 9)

Publié le par lydia

Bouteflika et les terroristes pendant que la violence s’abattait  sur la Kabylie  :

 

 

            L’année 2001 est désormais marquée sur le plan international par les attentats du 11 septembre qui ont visé les USA. Pour ne pas échapper à la règle, Bouteflika a entamé son discours en se référant à ces attentats en déclarant : « Ces attentats ont enclenché la prise de conscience mondiale sur le danger de ces groupes agissant au nom de conceptions étrangères à la religion à laquelle ils s’identifient », avant de rappeler que « le tribut payé (par notre pays) était très lourd et les Algériens se rappelleront toujours qu’ils ont mené seuls cette guerre de dix ans face à ce fléau. Pis, nous avions à subir la complaisance de certains à l’égard des criminels... Nous en sommes sortis vainqueurs grâce aux valeurs de notre société. »  Certes, les Algériens garderont en mémoire qu’effectivement beaucoup de capitales étrangères ont gardé le silence au moment où les tueries faisaient rage dans notre pays. Mais les Algérien n’oublieront jamais aussi que leur président Bouteflika n’avait pas lui aussi prononcé le moindre mot sur la situation de son pays en ces mêmes moments, préférant savourer en toute quiétude son exil doré dans les pays du Golf ; comme il ne pourront pas fermer les yeux devant la complaisance de celui-ci face aux terroristes qui continuent de semer la mort partout dans le pays. On ne peut donc prétendre faire de leçon aux autres quand on commet soi-même le même péché. Bouteflika nous parle de la complaisance des pays étrangers et oublie que lui même, dans le même discours a montré la sienne. Lisons ce qu’il a déclaré au sujet des terroristes.   

 

            L’année 2001, est l’année noire de l’Algérie ; l’année où les forces de la répression se sont acharnées sur la Kabylie qui revendique pacifiquement sa langue maternelle et la justice.  Le pouvoir préfère s’intéresser aux terroristes qui continuent de semer de la terreur. Et encore, il faut voir le traitement qui est réservé pour ces derniers. Voilà ce qu’a déclaré, Bouteflika lors de l’ouverture de l’année judiciaire, le 28 octobre 2001 : « Je n’ai nullement l’intention de traiter avec la violence et encore moins de lui trouver des justificatifs. » avant d’ajouter « si la justice est la clé de cette politique (de renouveau national), la concorde en est le cœur ». Bouteflika déclare que la politique de concorde civile qu’il prône saura éradiquer « les causes profondes de la crise, les ressentiments et les antagonismes délibérément exacerbés et qui voueraient le pays à une violence récurrente, à la perte ou à l’exil de ses élites et au gaspillage de toutes ses chances de progrès réel dans un monde de plus en plus impitoyable pour les faibles et les retardataires. »   (Le Matin du 29 oct. 2001 p.5)

 

 

Le militaire prime sur le politique :

 

            L’histoire du militaire qui prime sur le politique ne date pas d’aujourd’hui mais remonte, pour ne pas chercher plus loin, à la guerre de libération nationale. Les militaires, arguant que se sont eux qui se battent sur le terrain et donc les plus exposés au danger, dénient tout droit de primauté de décision à leurs camarades politiques. Cette mentalité à conduit aux meurtres de plusieurs de nos illustres hommes politiques durant et après la guerre. Abbane qui a inscrit en lettres d’or le principe de la primauté du politique sur le militaire dans les actes du Congrès de la Soummam , en a payé les frais de sa vie. Plus tard d’autres on suivis et jusqu’à ce jour le crime politique est devenu une caractéristique du régime politique qui tient les rênes du pays depuis l’indépendance.

 

Aujourd’hui encore la mentalité n’a pas changé chez les militaires algériens. Rappelons nous du sort réservé aux signataires du Contrat de Rome : on avait mobilisé un grand nombre de journaux pour critiquer ce contrat, voir même le diaboliser et on est même allé jusqu’à sortir la population dans la rue. C’est dire que tout ce qui ne viendra pas des militaires n’est bon à rien, pire il serait vu comme une trahison à la nation et à ses valeurs. C’est pour cela qu’au Contrat de Rome, les militaires ont préféré leur « Loi », celle dite de « la concorde civile ». Voyons d’ailleurs comme K. Nezzar fait l’éloge de celle-ci et surtout comment il met l’accent sur le fait que ça soit le l’œuvre de militaires et non de civiles.

 

             

Khaled Nezzar à Le Figaro du 21 avril 2001 :

 

 

Le Figaro :Que pensez-vous de la « concorde civile » mise en œuvre par Bouteflika qui offre aux  terroristes l’occasion de se repentir et de réintégrer la société ?

 

 

Khaled Nezzar : « J’y suis favorable, car il s’agit d’une guerre entre Algériens et que l’on doit finir par s’entendre. J’y suis d’autant favorable d’ailleurs que ce sont des militaires, notamment le général Smain Lamari, qui l’ont engagée (c’est nous qui soulignons). Les résultats de cette politique sont dans un sens positif puisque plus de 7000 terroristes se sont rendus. Ce sont autant de bourreaux en moins. Reste le problème que posent ces repentis qui ne sont pas passés par la justice et qui sont là maintenant, au milieu de la population, dans une situation qui n’est pas aisée pour eux, pas plus qu’elle ne l’est d’ailleurs pour les victimes ».

 

            N’est-ce pas là une façon de dire que je suis pour la concorde civile du moment qu’elle  vient de l’armée et non pas des hommes politiques ? Et n’est-ce pas aussi une façon de mettre sur le même pied d’égalité les « repentis » et les victimes du terrorisme ?

 

            Dans cette déclaration de Nezzar on apprend que le père de la concorde civile était le général Smain Lamari, mais en lisant l’interview donnée par le général à la retraite Attalia à la journaliste du quotidien Le Matin du 10 avril 2000, on apprend que c’est plutôt lui, le général Attailia, qui serait l’auteur de l’amnistie de l’AIS. Qui devrait-on croire dans ce cas-là ?

Lisons les déclarations de celui-ci:

 

Le Matin : « vous dites que le GIA n’a pas pris contact avec vous. Vous vous attendez à ce qu’il le fasse ? »

 

Attalia : « L’initiative peut aussi venir d’eux mais, pour l’instant, il n’y a rien. Mais vous devez comprendre que ce ne sont pas des sujets dont on peut parler avec une telle facilité. Souvenez-vous, c’est Benhadjar (émir de la Ligue pour la Daâwa et le Djihad LIDD) qui avait dévoilé l’existence de contacts entre son organisation et moi-même. Je ne l’ai jamais fait personnellement. Et je dois aussi vous dire que c’est Benhadjar qui avait demandé à entrer en contact avec moi. »

 

Le Matin : «  Pourquoi vous ? »

Attalia : «  Parce qu’il savait qu’il aboutirait à un résultat avec moi (les négociations ont abouti à l’amnistie de l’AIS. »

 

Dans  cette affaire de concorde civile, une chose dont on est sûr : c’est qu’à un moment donné, la presse s’était attaqué au général Betchine l’accusant d’être l’artisan de ce projet, avant de passer par la suite au général Attalia mais sans jamais souffler un seul mot sur Smain Lamari, alors que Nezzar l’avait désigné lui-même comme étant le véritable artisan.

 

 

L’assassinat de Abdelkader Hachani :

 

            D’emblée, il faut que je précise, il me semble, que nous nous opposant à tout projet islamiste et que nous sommes de ceux qui combattent leur pensées rétrogrades et moyenâgeuses sur le terrain. Ceci pour qu’il n’y ait aucune confusion. Mais par respect aux lois de la démocratie et aux droits de l’homme, je ne peux fermer les yeux sur l’assassinat d’un homme politique comme M. Hachani et surtout que cela s’est passé au moment où l’Algérie s’apprêtait à se « concorder ».

 

             Un mois après le référendum du 16 septembre 1999 sur la concorde civile, l’Algérie renoue avec le climat de violence après une brève accalmie, avec l’assassinat d’hommes politiques. Le 22 novembre 1999, le numéro trois du FIS dissous qui se trouvait en liberté a été assassiné à Beb El-Oued chez son dentiste. Le 28 octobre, soit un mois avant son assassinat, Abdelkader Hachani avait envoyé une lettre au contenu bizarre et très inquiétant au ministre de l’intérieur, dont voici le contenu :

 

                                                        «    A Monsieur le ministre de l’intérieur ;

 

 

Paix et miséricorde d’Allah sur Vous

 

 

 

Le 13 octobre1999, je reçus une convocation(n°220 /SGGA) pour me présenter le lendemain au siège de la Sûreté du gouvernorat du Grand-Alger.

 

 

Je me suis effectivement rendu à l’endroit indiqué, où j’ai été reçu par plusieurs officiers de police. Ils m’ont informé qu’ils voulaient « bavarder » avec moi, j’ai pensé de prime abord qu’il s’agissait d’une introduction pour une enquête préliminaire judiciaire, particulièrement lorsque la séance a débuté par l’enregistrement d’informations personnelles.

 

 

Cependant, l’objet de la discussion a porté durant plus de cinq (5)heures sur la situation politique générale du pays, plus précisément ma propre position concernant les derniers développements intervenus sur la scène nationale.

 

 

Les motifs et les causes qui ont conduit ces personnes à entreprendre une discussion de nature politique avec moi peuvent paraître objectives à leurs auteurs, mais de telles institutions ne peuvent être, selon mon opinion, un cadre de discussion politique. Bien au contraire, elle doivent en principe, en être éloignées.

 

 

J’ai d’ailleurs insisté sur ce point à la fin de la séance, et je tiens à vous informer dans l’espoir que de telles pratiques ne se reproduisent pas à l’avenir, d’autant que mes interlocuteurs m’ont indiqué qu’il est possible  que je sois convoqué à nouveau.

 

 

Je saisis cette occasion pour vous tenir informé des incidents qui ont précédé et accompagné cette convocation. Tout a commencé au mois de juillet 1998, lorsqu’une personne inconnue m’accosta dans mon quartier, sans rendez-vous préalable, prétendant s’appeler « Naim », et qui serait envoyé par « Abou Fayçal » qui désirerait me rencontrer, me donnant rendez-vous dans une mosquée de la capitale que je fréquente souvent pour y accomplir la prière du vendredi.

 

Cet incident aurait pu être sans conséquences s’il n’avait pas été entouré d’étrangeté et de contradictions dans le comportement de cette personne, aussi bien avec moi qu’avec les habitants du quartier, comme cela m’est apparu par la suite.

 

 

Plus d’une année après cet incident, plus précisément au moment où je me trouvais dans les locaux des services de sûreté de la wilaya de la capitale suite à la convocation sus-citée, l’un de mes fils a été surpris de voir cette même personne (Naim) l’attraper violemment par la main et l’interroger sur tous mes mouvements ; et il lui a dit qu’il reviendra à nouveau au quartier le 16/10/99 à 14 heures car il voulait me rencontrer. Nous avons appris par la suite qu’il s’est comporté avec une rudesse et une grossièreté manifestes envers les enfants du quartier lorsque ces derniers ont refusé de lui donner des informations me concernant.

 

 

Cet autre incident aurait pu être également sans conséquences n’était ma surprise de voir, le 18/10/99, vers 10 heures du matin, cet individu (Naim) sortant du siège de la sûreté de la daira de Beb El Oued, mon quartier de résidence.

 

 

Si je vous transmets ces faits, c’est dans le but de mettre les choses au clair, afin d’éviter à tout un chacun des motifs de suspicion et de méfiance, afin que Dieu vous guide vers le bien du pays et des gens.

 

 

Oua essalamou Alaikoum oua rahmatou Allah. »

 

    Signé : Abdelkader Hachani.

 

 

     Copies :

 

      -Présidence de la République

 

     -Comité de défense(avocats)

 

 Alger le 18 rajab 1420 (28/10/99)

(Source: Libre Algérie du 6 au 19 décembre 1999.)

 

 

 

            Parmi les réactions des personnalités qui l’ont connu, on a enregistré celle de Kamredine Kherbane, alias Abou Anass, qui a déclaré le jour même de l’assassinat, vers 19h sur la chaîne El Djazira : « J’ai eu un entretien téléphonique avec le défunt il y a environ trois semaines. Il m’a dit que le général Toufik lui a envoyé un émissaire porteur de clés d’une Daewoo et d’une villa à Hydra et qu’il a refusé. »

 

            En Algérie, on a enregistré la réaction de M. Ali Yahia Abdenour, le président de la LADDH , connu pour son attachement permanent au respect des droits de l’Homme.  Questionné par le journal Libre Algérie (quinzaine du 2O décembre au 2 janvier 2000), Maître Ali Yahia Abdenour avait déclaré : « …Les adversaires de la paix ont commandité son assassinat (celui de Hachani, NP) parce qu’il était l’incontournable interlocuteur du pouvoir pour un règlement politique de la crise. Il avait un discours dérangeant et on doit l’être en politique. Les commanditaires de ce crime peuvent dormir tranquilles, comme le sont ceux qui ont assassiné Ali Mecili, Khider Mohamed, Krim Belkacem, Boudiaf Mohamed et Kasdi Merbah, couverts par la raison d’Etat, pour l’évidente raison qu’un pouvoir, aisément identifiable, est impliqué. Y a-t-il encore une morale en politique ? Pour les droits de l’homme, la raison d’Etat est le moment où l’Etat déraisonne, perd la raison. Dans le cas de l’Algérie, il faut raisonner la raison d’Etat. »  Effectivement, les commanditaires de cet assassinat sont à ce jour en train de dormir tranquille. Il n’a suffit que 21 jours pour que les autorités arrêtent « l’assassin » de M. Hachani. Le 14 décembre 1999, dans un communiqué du ministère de l’intérieur, on apprend que l’assassin était un jeune de 26 ans, qui répond au nom de Boulemia Fouad. Ce jeune homme sera jugé et condamné en toute hâte et cela avec la bénédiction de la presse éradicatrice qui, aveuglé par sa haine maladive envers les islamistes, a joué le jeu des militaires, en fermant l’œil sur les contradictions contenues dans les déclarations de la police quant à l’identité réelle de l’assassin de Hachani.

 

M. Ali Yahia Abdenour avait déclaré ceci dans la même interview citée en haut par rapport à la façon avec laquelle cette presse avait réagi: « La presse éradicatrice écrit ce qu’elle veut et fini par croire ce qu’elle écrit. Elle véhicule les thèses du pouvoir, elle est un de ses relais, et sa liberté s’arrête là où commence la raison d’Etat. Le mensonge est utilisé comme une arme, car plus il est gros plus il a des chances d’être cru, pour diaboliser les islamistes, toutes tendances confondues. Cette presse met sur le compte de l’islamisme, sans les indispensables preuves, les dérives violentes. Dans l’affaire Hachani, cette presse manque d’objectivité et de prudence dans ses affirmations, joue le rôle de juge, de procureur, piétine la dignité humaine, et écarte la loi pour imposer la sienne. Prendre les Algériens pour des Débiles qui avaleront toutes les couleuvres qu’elle débite, notamment le scénario du tueur professionnel isolé ou membre du GIA qui, malgré la diffusion de son portrait-robot, garde sur lui les pièces d’identité de Hachani et l’arme du crime, est une grave erreur d’appréciation. Le respect des règles de l’éthique et de la déontologie sont nécessaires à l’exercice de la mission des journalistes, qui ne doivent pas oublier que leur travail est d’informer, et non pas de servir de relais à la propagande du pouvoir, qui a pour but de manipuler et de mettre en condition l’opinion publique. »

 

 

            Parmi les partisans de la « concorde civile »et de l’éradication, on a enregistré la réaction du docteur Said Sadi, président du RCD, pour qui M. Hachani est « victime d’une violence qu’il n’a pas su dénoncer ».

 

L’effet du 11 septembre 2001 :

                                                                                         A suivre.../...

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Publié dans politique

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