Bouteflika Président (suite et fin)

Publié le par lydia

« Si Abdelaziz, l’homme de la situation »

 

            Dans votre conférence de presse du dimanche 10 janvier 1999, vous prétendez avoir été soumis à des pressions de toutes sortes, allusion à mon sens qui cible directement et à tort diverses parties non citées. Cette assertion que vous tentez de brandir n’a de réel que votre incapacité à maîtriser une responsabilité qui vous dépasse. Vos précipitations à reporter successivement la réunion du conseil national du parti montrent si besoin est, la perte de vos « marques » et de vos intérêts personnels. Il est tout à fait étonnant que de telles mesures soient prises trois jours seulement après m’avoir rencontré avec beaucoup d’insistance en m’ayant envoyé au préalable un émissaire en la personne de M. Bensaid Ahmed, fils de chahid. Votre visite avait pour but de vous informer sur le paysage politique actuel et de vous donner mon point de vue sur la question. Croyant que vous représentez réellement les enfants de chouhadas, que je respecte beaucoup, partant de ce fait, je vous ai parlé à cœur ouvert en vous avançant mon opinion qui n’engage que moi et personne d’autre et ce, en présence de témoins. Ma réponse à votre question était : Compte tenu des candidats pouvant se présenter à l’élection présidentielle, mon choix personnel était vite fait et allait dans le sens de Si Abdelaziz car, à mon avis, il est celui qui dispose des meilleurs atouts pour sortir le pays de sa crise malgré le jugement que j’ai eu à porter sur lui à une période donnée.(seulement  quatre mois auparavant ! NdA.) Dans notre discussion, il m’est apparu que le candidat vers qui vous louvoyez présente non seulement celui qui a fait le lit du FIS, mais aussi celui qui a accumulé échec sur échec. N’a-t-il pas été celui qui nous conduit à l’état de siège par son aveuglement et sa soif du pouvoir en voulant faire porter le chapeau à autrui ?

 

N’a-t-il pas ce soi-là, au cours d’une conférence de presse, parlé de bruit de bottes, et de solution à la « Pinochet », alors que le pays était en pleine insurrection ?

 

Ne vous avais-je pas dit que le vide dans lequel nous nous trouvions était la faute des partis qui n’avaient pas fait  émerger les compétences et les faire hisser au niveau national ?

 

Votre discussion pendant notre rencontre n’a jamais porté sur l’intérêt supérieur de la nation. Votre but visait la seule intention de négocier votre place sur l’échiquier politique à venir. En somme, d’un côté, vous insister pour connaître mon point de vue, et lorsque je vous le livre, vous en tirez argument pour prétendre à des pressions. A l’heure où tous réclament la transparence, vous faites, M. Benbaibèche, dans la confusion délibérée. Il me fallait mettre au clair les choses précisément. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion

 

 

Au moment où l’Algérie était au centre des débats internationaux et sous la pression  des ONG internationales des droits de l’Homme qui revendiquaient une enquête sur les massacres collectifs, nos décideurs ont réussi, une fois de plus, à déssérer l’étau en organisant des élections présidentielles anticipées.

 

  

 

Avec un minimum de recul, on a pu voir comment nos décideurs sont arrivés à faire fonctionner leur machine à propagande. Comment ils ont réussi à « déterrer » Bouteflika  et à le présenter comme l’homme providentiel pour un peuple meurtri et asphyxié par la crise qui n’a que trop duré. Le scénario était bien ficelé, et il ne restait plus qu’à l’acteur de bien jouer son rôle. La gifle qui leur a été infligé la veille du scrutin, avec le retrait des six autres candidats, n’a fait bouger le moindre poil chez nos dirigeant et les élections ont été maintenues contre vent et marée et Bouteflika a été bel et bien « élu » président de la république.

 

 

Malgré que les résultats de ces élections étaient fortement contestées à l’intérieur du pays comme à l’extérieur, cela n’a même pas réussi à ralentir la machine déclenchée pas nos décideurs, au contraire, avec le discours des années 7O, Bouteflika a réussi à  lui donner de l’élan. On a vu comment ce nouveau président à réussi à s’installer en utilisant un discours à la carte et en dépensant des milliards dans sa conquête du monde. Bouteflika a créé une tempête de paroles et, comme toutes les tempêtes, ce n’est qu’une fois passée qu’on peut se rendre compte des dégâts causés.  Une fois l’éblouissement passé, la vision du peuple est devenue plus claire, et on le voit sortir partout ailleurs pour occuper la rue. Des manifestations se sont déclenchées presque sur tout le territoire national pour dénoncer l’injustice qui continue à sévir et surtout le système monarchique qui veut s’installer dans notre pays. Et comme à l’accoutumé, à chaque fois que le peuple sort dans la rue, le pouvoir sort sa matraque des années de plomb.

 

 

La politique de Bouteflika, basée sur des promesses non tenues et sur le retournement de veste  a été largement critiquée par la majorité de la classe politique algérienne, comme elle a été dénoncée par les citoyens dans la rue, et pourtant M. Bouteflika est toujours là. Pis encore, il veut se porter candidat aux prochaines élections !

 

 

Il est donc temps que le peuple revoit sa stratégie; il ne reste plus rien à espérer de l’opinion international, car les pays développés ne s’intéressent qu’aux richesses du pays et plus particulièrement aux puits de pétroles dans le sud. La guerre en Irak est, de ce fait, un exemple à bien méditer par notre peuple. L’occident continuera à fermer l’œil sur Bouteflika et des milliers d’autres Bouteflika tant que ceux-ci sauront servir leurs intérêts ; les droits de l’Homme sauront attendre comme d’habitude.

 

 

Il n’est plus question pour les forces réellement démocratiques de ce pays de continuer à protester à voix diverses et en groupes dispersés. Il n’est plus question de se limiter au changement des personnes au niveau du pouvoir central. Ceci, la presse algérienne surtout doit le comprendre pour qu’elle puisse épargner au peuple algérien ses allers et retours entre soutien et compagne de dénigrement pour le même président. Tant que nous continuons à fonctionner et à agir de cette façon, notre pays ne sortira jamais de la crise et restera éternellement gouverné par des personnes à l’image de Bouteflika . Il est temps de compter sur nous-même et de se lever comme un seul homme, avec une seule voix pour éradiquer ce système qui gangrène notre pays depuis l’indépendance. 

                                                       Fin

Malheureusement c’est la fin de ce  livre et non pas celle du règne de Bouteflika et son équipe.

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Publié dans politique

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