le livre de mes rêves
Le livre de mes rêves
Cela fait des mois, depuis que j’ai divorcé avec l’écriture et cela me torture. Le travail dont je me suis plongé m’a permis de connaître Paris et sa banlieue. Il m’a permis de découvrir des paysages formidables, comme il m’a permis de rencontrer toutes les catégories de personnes. Malgré tous les avantages que m’offre ce travail, le fait de couper le pont qui m’emmène vers mon monde, celui de l’écriture et de la lecture, me rend fou et malade. Le fait de ne pas pouvoir terminer la lecture de ma série préférée de Dostoïevski me donne, de temps à autre, l’envie de mettre fin à cette routine dont je me suis noyée. Lire et écrire, même si ce que j’écris fini par mourir dans mes tiroirs, cela me soulage et m’allège.
Aujourd’hui, en rencontrant un livre chez un client j’avais senti que j’avais devant moi une glace qui est en train de refléter mon caractère.
Donc je disais que mon travail m’a permis de rencontrer toutes catégorie de personnes, mais généralement, je ne parle même pas avec les clients, car toute discussion pourrait me perturber dans mon travail qui demande énormément de concentration. . Mais devant ce livre, je me suis senti en face de moi-même. Le titre de ce livre m’a tout de suite séduit, alors j’ai plongé dedans et j’ai fini par oublier que d’autres clients étaient en train de m’attendre. A ce jour je me pose la question suivante : Comment je me suis laissé emporté par ce livre. Mais, en cherchant à comprendre j’ai fini par trouver la réponse suivante : Ce livre est un trésor qui me permet, en tournant les pages, de découvrir une histoire cohérente, pleine d’humanisme, d’honnêteté et de simplicité. Chaque visage peut être vu comme un livre, mais généralement, et surtout en ces temps dits modernes, la plus grande partie des livres qu’on rencontre nous racontent des histoires banales. A chaque fois qu’on tourne une page, on trouve une nouvelle histoire qui n’a aucun lien avec la précédente, des pages pleines d’hypocrisie, de calculs et d’arrogance. Dans la vie de tous les jours, ça nous arrive de rencontrer des livres qui nous, donnent l’envie de les fermer sur le champ, sans chercher à savoir ce que nous pouvons découvrir dans leurs ventres. Mais, disons qu’heureusement cette même vie nous fait croiser avec d’autres livres plus consistants, des livres qu’on a envie de lire du début jusqu’à la fin sans nous arrêter. Et comme ces livres sont devenus rares et comme la vie nous pose des obstacles qui nous empêchent de finir nos lectures. Elle fait tout pour que notre lecture soit faite en coupures ce qui lui donne plus de goût. Parmi ces livres rares que la vie nous offre comme cadeau, ce livre que j’ai croisé fait partie de ces livres qu’on a envie de lire et de relire. Il l’un de ces livres qu’on a envie de lire et de caresser en même temps, le livre qu’on doit prendre en douceur pour éviter de lui causer des déchirures. Les livres avec l’âge finissent par devenir fragiles et par montrer certaines rides. Mais ces rides finissent par devenir des sillons sur lesquels on a envie de nager vue qu’ils sont pleins de bonnes graines.
Un livre qui me rapproche de mon monde, qui m’inspire et qui me donne l’envie de continuer à vivre, je tente par tous les moyens de le préserver. Et si je constate que je ne suis pas disposé à le garder chez moi, comme c’est mon cas aujourd’hui, je le laisse vivre ailleurs, là où il se sentira bien. Mais, à chaque fois que je trouverai l’occasion de lui rendre visite pour le feuilleter et y lire au moins une page, je n’hésiterai pas une seconde. Mais il arrive que ces livres finissent dans des musées, sous une surveillance inimaginable ce qui rend le feuilletage impossible. C’est dommage !