le monologue de sans-papiers
Rahim Bouaich
Monologue de sans-papiers
Bonjour ou bonsoir. A chacun son heure de réveil et à chacun son faisceau horaire. Vous êtes en direct de la station « Radio Porte de Choisy » qui va vous présenter sa nouvelle émission intitulée Le monologue des sans-papiers, une émission animée par une personne sans choix.
Mesdames et Messieurs, bonjour.
Aujourd’hui, on va vous raconter une série d’histoires concernant la vie de la nouvelle génération d’immigrés qu’on appelle les sans-papiers.
Comme vous auriez dû le constatez vous-même, on parle trop ces dernières années des sans-papiers. On dit que la France a tellement ouvert ses portes au point où elle est devenue le berceau de toutes les misères du monde. Aujourd’hui, il est temps de mettre fin à cette situation et faute d’un résultat probant dans ce sens, on risque de voir le Front National aux commandes du pays.
Pour mettre fin à ce fléau, à cette « invasion », la France a glissé vers la droite modérée. Elle a placé M. Sarkozy au poste de ministre de l’intérieur pour mettre tout le monde à l’extérieur en commençant bien évidemment par les sans-papiers qui représentent pour lui une proie facile. Ainsi, il devrait balayer sur sa route les mendiants, les prostituées et pour finir par ceux qui l’ont nommé à ce poste même.
Arrêtons-nous de parler de M. Sarkozy. On risque de détourner le thème de notre émission. Laissons-le pour la prochaine qui aura peut-être comme titre « l’État, c’est moi !». Revenons donc à notre sujet : les sans-papiers.
En voulant traiter ce sujet, la première question qui s’est imposée d’elle-même est la suivante: quand on dit : les sans-papiers, sont-ils réellement sans papiers? Pour avoir une réponse à notre question, on a fait le tour sur les places réputées où les sans-papiers se regroupent, à l’instar de Place de la République.
A première vue, on a constaté qu’ils ont tous des paquets de papiers collés sous leurs aisselles gauches, tout près du cœur, une façon de le réchauffer. C’est avec ces paquets qu’ils espèrent obtenir le fameux papier qu’on appelle : carte de séjours.
En réalité, cette carte n’est qu’un papier en plus. Pour apporter une réponse plus fiable aux questions qu’on se pose, on a décidé d’approfondir notre enquête. Une façon de donner plus de crédibilité à notre étude et à notre station radio. Suivant notre objectif, nous avons suivi le parcours de Mourad, un jeune sans-papier qui a fini par être régularisé. Mourad a été « légalisé » par les autorités françaises après trois ans de galère. On lui a donné sa carte de séjours et le droit de travailler. Une année après sa régularisation, Mourad a été convoqué pour un entretien d’embauche. Il s’est présenté, sans faute, à son rendez-vous et a été accueilli par le directeur du collège, M. André.
- Bonjour M. le Directeur
-Bonjour Monsieur, installez-vous je vous en pries. Après avoir bien étudié votre dossier, on a pensé que vous pouvez répondre à la demande de notre établissement. Maintenant, il vous reste à confirmer ce que vous aviez avancé dans votre C.V. Vous êtes ing…
-Ingénieur en chimie industriel. L’interrompt Mourad.
-Donc vous connaissez bien le CO2, l’azote, l’ammoniac..
Après un laps de temps de réflexion,
-Pour ce qui est du Co2, non seulement je le connais,mais en plus de cela, je l’emmène avec moi partout ; là où je pars, il vient avec moi. Je ne le quitte pas. On est fait pour vivre ensemble. Il est là pour couvrir tous les mots qui sortent de ma bouche. Comme vous devriez le savoir, chez nous rien ne doit sortir nu y compris les mots ; le voile pour les femmes, le CO2 pour les mots, et un semblant de démocratie pour une vraie dictature. Maintenant, concernant l’azote, franchement, honnêtement et sincèrement (Mourad disait dans sa tête : je sais très bien que cette série d’adverbes est réservée au monde occidental et quand elle émane d’une bouche d’un tiers-mondiste, elle n’a pas beaucoup de chance d’être entendue de la même façon) donc, je disais, franchement, honnêtement et sincèrement, M. le Directeur avec un D majuscule bien sûr, l’azote j’ai entendu parlé de lui, mais je ne l’ai jamais rencontré ni sur mon trottoir ni dans un laboratoire. Car à la place, on a étudié le Mazoute. Je pense que cela rime avec l’azote, la différence c’est que ce premier a deux lettres en plus par rapport à ce que vous me demandez. Le fait de connaître le Mazoute, veut dire qu’on doit automatiquement connaître l’Azote et le contraire n’est pas sûr. Mathématiquement, on peut dire que l’azote et inclus dans le mazoute. Pour le dernier, l’ammoniac, chez nous on utilise beaucoup plus Din yemmak ! (C’est une expression qu’on utilise pour maudire la mère de quelqu’un).
-Pardon ! C’est quoi le dernier mot ?
-Cela n’a pas d’importance M. le Directeur, c’est une substance chimique qu’on trouve avec abondance dans les cerveaux de mes confrères.
-Vous commencez à confirmer ce que je pense de vous depuis le début de l’entretien.
-Vous pensez quoi Monsieur ? Je vous conseille de ne pas mettre de rideau entre votre pensée et moi sinon elle se transforme en arrière-pensée et les arrière-pensées, en général, sont négatives. Dans ce domaine, on est trop fort, Monsieur le Directeur. Chez nous on ne se limite pas à étudier la chimie industrielle, dans nos chambres universitaires, on consacre plus de temps à étudier la psychanalyse. De Freud à Pierre Daco, le chemin est trop long. D’abords on doit savoir c’est quoi la sexualité et après ça, on doit comprendre les femmes. Vous savez Monsieur que les femmes sont plus compliquées que la nouvelle technologie ?
- Je me demande comment on vous a donné ce diplôme d’ingénieur d’état ? Je tiens à vous préciser que notre collège a besoin d’un technicien de laboratoire et non pas de psychologue. C’est énorme de dire je suis ingénieur d’Etat.
- C’est à l’image de mon ex-Etat. Votre Président, à ma connaissance n’a jamais remis en cause les aptitudes de notre Président d’Etat, alors, je me demande comment vous, vous allez remettre en question mon diplôme d’Etat ? Chez vous, peut-être, être ingénieur a de la valeur, chez nous, ce genre de diplôme n’en a aucune. Chez nous on respecte les poches de pantalons et non pas les poches du cerveau. C’est dommage ! Mais c’est cela la réalité. Chez nous, vendre des cigarettes à la sauvette fait mieux vivre que d’occuper un poste d’ingénieur ou de médecin. Revenons aux choses sérieuses, cela fait une année depuis que j’attends cette date. Aujourd’hui, il est hors de question que je rentre à la maison sans assurer un poste d’emploi. Si vous trouvez que je peux vous causer des problèmes en m’embauchant avec mon diplôme d’ingénieur d’Etat, diplôme pour lequel vous ne faites pas confiance, vous pouvez mettre sur mon CV autodidacte en chimie industrielle.
-Je pense qu’avec le nouveau concept de la discrimination positive, je vais vous donner la chance de travailler dans le labo…
-Il est évident que je suis fait pour travailler dans un labo. Pour arriver à ce stade, j’ai passé 20 ans de ma vie sur les bancs des écoles. Alors il est inimaginable de me voir dans les poub…
-C’est quoi les poub, c’est un mot qui m’échappe.
-Depuis mon arrivée ici en France, j’ai remarqué que pour être dans la norme, il faut savoir couper les mots. Au lieu de dire le laboratoire, on dit le labo, pour la faculté c’est la fac, …Dans le même sillage, on peut dire les poub au lieu de dire les poubelles.
-Revenons à nos moutons, je vous ai dis que vous êtes parmi les premiers à bénéficier de la discrimination positive, alors ne vous inquiétez pas. Vous allez travailler dans le labo, ce qui est déjà pas mal pour vous. Vous avez 15 jours comme période d’essai pour montrer vos capacités. (A cet instant Mourad a commencé à tousser) Je crois que vous avez attrapé froid. Je disais donc que vous avez une période d’essai de 15 jours pour assister nos élèves dans leurs travaux pratiques.
-Pardon Monsieur, permettez moi de vous dire que je n’ai pas attrapé froid cet hiver. C’est les séquelles de ma vie de sans papier. Si vous me le permettez, sans trop tarder, je vais essayer de vous raconter la vie, ou bien disons la survie des sans- papiers. En un mot la vie des sans-papiers a tout à envier à un chien occidental. Les sans-papiers n’ont pas Brigitte Bardo à leurs côtés pour les soutenir. Les sans-papiers n’habitent pas dans le 16ème arrondissement de Paris. Ils sont dans des squattes... Heureusement que parmi eux, il y a une partie qui arrive à mener une vie soi disant normale. Savez-vous Monsieur le Directeur pourquoi les sans-papiers font la grève de la faim ? La réponse est simple : Par des actions pareilles, ils veulent dire au pouvoir de ce pays qu’en étant chez eux, ils ne crevaient pas de faim. S’ils sont venus ici, c’est dans le but de regagner le rang des êtres humains, un rang qui n’existe pas chez eux, qui existe mais qui est réservé à une frange de la société bien déterminée.
- Revenons à nous moutons.
-J’espère que vous n’avez pas changé d’avis sur moi en vous apprenant mon ex-vie de sans-papiers. Donc, si j’ai bien compris, je peux commencer demain ?
-Non, je vous ai dis la semaine prochaine. Le lundi prochain à 7H30.
-A 7H30 ? Vous ne trouvez pas que c’est un peu exagéré ? Dans ce cas, je me réveillerai à 6H pour pouvoir arriver à temps. Mourad murmure à voix basse en disant : Dans mon pays, je me réveille à 8 heure pour commencer à 9H et parfois même à 10H et ici on me demande…cette phrase est partie droit dans l’oreille du Directeur qui avait tout de suite réagi en disant à Mourad : Et le résultat est criant. Ainsi, Mourad quitte le bureau en saluant le Directeur.
Après cette histoire de Mourad, on peut dire que finalement, vous avez raison d’appeler cette catégorie de gens : les sans-papiers. Comme vous venez de le constater, la liasse de papiers de Mourad ne lui a pas servi à grand-chose ; elle n’est pas en mesure de démontrer que Mourad est bel et bien ingénieur dans son pays. Pour mieux comprendre la réponse de Mourad qui se dit autodidacte en chimie industrielle, on lui a demandé la signification et sa réponse était la suivante : Des années de galère dans les rues de Paris sont largement suffisantes pour transformer un ingénieur en autodidacte. Les matières techniques, avec l’absence de la pratique, s’oublient rapidement, ce qui n’est pas le cas des sciences humaines. C’est une histoire à méditer par la nouvelle génération des sans-papiers.
En France, il y a beaucoup de sans-papiers. Alors on s’est posé la question : Pourquoi, y a-t-il beaucoup de sans-papiers en France et dans les pays occidentaux en général ? Sans trop tarder, la réponse est vite tombée devant nous. L’histoire dit que ces pays occidentaux avaient colonisé les pays du sud durant de longues années. A l’époque le terme de sans-papiers n’existait pas, à l’époque on appelait ces gens les colons. Aujourd’hui, on ne peut pas appeler, bien sur, ceux qui viennent s’installer ici -les colons- même si ce terme existe, car ceux qui viennent s’installer ici, viennent avec l’intention de se soumettre au régime d’ici et non pas dans le but de prendre les rênes de ce pays, comme ils sont loin de penser à prendre les richesses de ce pays. Au contraire, ils viennent ici en sachant qu’ils vont se faire exploiter dans les domaines abandonnés par les gens d’ici. Nous disions que les pays occidentaux avaient bel et bien colonisé les pays du sud d’où viennent ces sans-papiers. Le jour où on a donné l’indépendance à ces pays, on y a laissé des pays complètement déchirés, des conflits semi-ouverts. Des années plus tard, ces déchirures se sont infectées et ces conflits ont refait surface pour exploser en pleine figure des pouvoirs mis en place. Des milliers de personnes se sont retrouvées sous la menace de mort physique ou morale. Alors, le seul moyen qui reste pour échapper à cette menace est la fuite vers les pays occidentaux.
En France, pour contenir la vague des personnes ayant fuis la menace terroriste, on avait créé une nouvelle forme d’asile dit asile territorial. Cette opération était plus destinée, si on croit nos sources, aux Algériens et Algériennes qui ont perdu dans leur pays le droit à la vie. Mais comme on le dit : chaque chose est exposée à l’usure. C’est ce qui est arrivé à cette formule d’asile. Comme on vient de le dire et comme tout le monde le sait, cette formule d’asile était réservée à la catégorie de personnes menacées par le mouvement terroriste et plus particulièrement par les GIA (groupes islamiques armés). Avec l’évolution de l’histoire du terrorisme, l’asile territorial doit être supprimé. Pourquoi ? Pour répondre à cette question, rappelons-nous que ces derniers temps, les langues commencent à se délier ; plusieurs hautes personnalités y compris dans la hiérarchie militaire ont déclaré que les GIA sont une création du pouvoir algérien. Suivant un simple raisonnement mathématique, on peut arriver au résultat suivant : Les demandeurs d’asile territorial sont menacé par les GIA. Les GIA sont une création du pouvoir algérien. Par conséquent, ces demandeurs sont menacés par le pouvoir algérien. Et dans ce cas on doit leur accorder l’asile politique et non pas territorial. Un résultat facile à trouver par la simple relation dite de transitivité. Mais cette problématique est vite bâclée. Maintenant, on ne s’intéresse pas beaucoup au terrorisme islamiste en Algérie, à la place, on a le terrorisme islamiste international. Le terrorisme qu’on peut appeler le terrorisme du 11 septembre 2001. Avant tout, on demande aux parents ayant des enfants nés le 11 septembre de leur changer de date de naissance, car dans l’avenir, celui ou celle qui est né(e) durant cette date, sa vie sera vouée à l’échec.
En se basant sur l’idée- La France terre d’asile, moi, en tant que simple animateur qui ne cherche pas à comprendre beaucoup de choses pour minimiser les risques de mon métier, car maintenant même les assurances se méfient des métiers à risques. Je me suis simplement dit : Toute personne menacée par le terrorisme devrait être ici en France, la terre d’asile. Un jour en qualité d’envoyé spécial de « Radio Porte de Choisy », je me suis rendu dans tous les foyers existants sur le territoire Français en cherchant à rencontrer la personne la plus menacée dans ce monde par le terrorisme. J’avais demandé à toutes les préfectures de France la liste des demandeurs d’asile dans l’espoir de croiser son nom. Un mois de recherche sans résultat. Depuis cette date, j’avais commencé à avoir des doutes sur la menace qui pèse sur cette personne. Est-elle réellement menacée pas le terrorisme ou non ? Vous voulez savoir le nom de cette personne ? Je vais vous le donner, mais sachez une chose c’est que la curiosité et plus particulièrement dans ce domaine se paie. Alors que chacun assume ses responsabilités. Pour moi, c’est une manière de partager mes risques avec vous. Son nom est WWJ BUSH. C’est dangereux de parler de ce monsieur menacé et menaçant par la multinationale terroriste El Quâida de Ben Laden. C’est l’histoire de l’élève qui dépasse son maître. Une histoire courante dans nos jours.
En découvrant qu’il n’a pas fait sa demande d’asile en France, que son véritable nom est –www. Bush-maîtredumonde.com, et en découvrant que les Américains n’aiment pas se servir du pétrole avec une louche, ils préfèrent des pipes lignes, on a commencé à sentir du louche dans cette affaire. Pour conclure vite fait, avant de se faire tuer pas un missile accidentel, afin de revenir à notre sujet initial, on peut tout simplement dire que cette personne ne soit pas menacée par le terrorisme, mais elle est la menace de l’équilibre mondial.
Revenons donc à notre sujet qui est les sans-papiers. Que M. Bush sache que les émissions de notre station radio ne sont pas radioactives. Fermons la parenthèse avant qu’on soit classé parmi les stations de radio voyous.
Maintenant, on va vous raconter l’histoire de Mohamed, un autre sans-papiers. Il a appelé un jour son ancien ami Azedine. Azedine a presque dix ans ici en France, il est marié, père d’un garçon.
Mohamed : Allo ! c’est Azedine ?
Azedine : Allo! C’est qui à l’appareil?
-Tu ne reconnais plus ma voix ? C’est Mohamed de la place Audin. C’est ça l’amitié ? Depuis qu’on t’a donné ta carte de résidence tu n’appelles plus personnes, t’as oublié tous tes amis.
- Ecoute moi bien, toi t’as un portable et moi j’ai un fixe et tu sais très bien qu’appeler sur un mobile à partir d’un fixe coûte très cher. Donc ce n’est même pas la peine de chercher d’autres détails qui n’ont pas de sens.
- Bon d’accord, le téléphone coûte cher ; tu peux me dire pourquoi tu n’as pas répondu à mes e-mails ? Et pourtant l’Internet est presque gratuit dans ce pays. Au bled, je payais 100 Da de l’heure pour t’écrire.
-L’Internet ! Tout le monde parle d’Internet ces derniers temps. Tu ne sais pas que le fait d’additionner les factures de l’Internet avec celles d’EDF, GDF et toutes les autres charges, cela devient insupportable. Cela donne des sommes catastrophiques. Alors je n’ai pas le droit de m’amuser avec l’Internet pour ne pas risquer une faillite personnelle. Tu dois savoir que la vie est dure ici en France, ce n’est plus le Bled. Ici tu n’as pas le droit à l’erreur. En plus de cela, laisses-moi te dire quelques chose, comme ça tu me lâcheras les baskets. Je vais te raconter ça, car je te considère toujours comme mon ami, autrement dit, je raccrocherai tout de suite. Ecoutes-moi bien. A la maison, à chaque fois que je me place devant mon micro, dès que je commence à prendre la souris et à faire glisser le curseur… tu ne sais pas ce que c’est qu’un curseur ? C’est cette flèche qu’on fait bouger sur l’écran de l’ordinateur. Et la souris tu la connais ?
-Je connais les rats, car on avait plein dans le quartier, les souris pas encore. Tu arrêtes ta série de question, je sais que ça y est, tu t’es intégré. Moi, je ne me suis pas encore désintégré complètement dans mon pays pour m’intégrer ici.
-Laisses-moi, STP continuer. Je disais donc, en faisant glisser le curseur vers le (E) qui fait démarrer l’Internet, à ce moment précis et à chaque fois je me retourne, je vois ma femme qui pointe son nez vers moi. En la regardant dans les yeux, on se croit devant le soleil, car elle a un regard qui brûle, d’ailleurs même le curseur se tord et change de direction pour aller vers le (W) de Word. J’espère que tu vas me comprendre. C’est dur d’avoir une femme, surtout ici en France et notamment quand elle sait que c’est grâce à elle que t’as eu tes papiers. Tu resteras son esclave à vie.
- A bon ! Nous les sans-papiers, on n’arrête pas de chercher des femmes pour nous marier et toi tu me dis que c’est dur d’avoir une femme !! Je me demande quand est-ce qu’on sera tranquille dans cette vie ? Maintenant, on est dans la galère parce qu’on n’a pas de femme et une fois marié c’est de nouveau la galère. Là je dois raccrocher, non seulement, tu m’as bouffé ma carte en plus de cela tu m’as découragé. Bon courage alors et à plus.