Bouteflika Président (suite 2)

Publié le par lydia

Les militaires qui ont imposé M.. Bouteflika  au pouvoir

 

 

         Personne ne peut oublier la campagne de déstabilisation menée par un groupe de journaux contre Betchine et consorts dans l’unique but de pousser Zeroual à la démission. Dans ce créneau, on peut dire, qu’en Algérie tous les coupssont permis pour réaliser des coups d’Etat. Pour mieux comprendre le déroulement des événements, on ne va pas s’amuser à rapporter ce qui a été dit dans la presse, car on risque de remplir une encyclopédie. Alors, reprenons ce qu’a écrit le défunt Ahmed Merrah l’ancien membre du groupe Bouyali (un groupe terroriste qui activait durant les années 80), dans son livre « La troïka des généraux recyclés à…la présidence » qui rejoint sur le plan d’idées la campagne citée en haut : « Alors que l’Algérie était à feu et à sang, et suite au bref passage de feu Boudiaf, les membre du HCE qui n’avaient pas fait le déplacement fatal de Annaba ont passé trois années d’échanges en « Salmalecs » et autres « jouissances » pour finalement accoucher, à travers la fameuse commission nationale du dialogue national, de l’ « ingénieuse » idée de se faire substituer, en janvier 1994, par une autre « présidence collégiale », composée d’une troïka de généraux périmés. Et ce, au moment où la nation avait plus besoin d’un seul…mais vrai chef d’Etat. C’est ainsi qu’a eu lieu le tragique événement de Betchine, Zeroual, Derradji, qui n’a fait que contribuer à renforcer la mafia au pouvoir, grâce au maintien du « terrorisme résiduel » par des entraves à la lutte antiterroriste, sous forme de blocage politico-administratifs diaboliquement entretenu, que d’ailleurs je n’ai pas cessé de rencontrer dans ma lutte contre ce machiavélisme aux côtés des forces de l’ANP (…)Ajoute à cette Rahma et au limogeage de Reda Malek  imposé par les dirigeants du FIS au général Derradji pour avoir voulu jeter la peur dans le camp des intégristes, le chef de l’Etat, chef suprême des Armées, a donné la mise en veille des dispositifs et des opérations de luttes antiterroriste de grande envergure(…) La troïka  de généraux recyclés n’a pas hésité à procéder à la mutation morbide du chef de la 5eme région militaire, le général major Boughaba, à la première région militaire. Et ce, en remplacement d’un éradicateur, le général major Bey Said, appelé à « d’autres fonctions » pour n’avoir pas respecté « la limitation de vitesse » imposée pas son chef suprême des armées… » Ici on n’osera pas faire des critiques à un défunt. Mais on dira seulement que  « le vrai homme d’Etat », M. Bouteflika, sollicité en 1994, avait refusé de prendre les commandes du pays. Selon la déclaration de ce dernier dans le financial Times, repris par El Moudjahed du 14 mars 1999, il a dit : « j’ai refusé dès lors que nous sommes sortis du cadre des conditions que j’avais posées… ». Le 23  du même mois, lors de son intervention dans l’émission « Alternance » de l’ENTV, il a ajouté : « je suis l’homme de la réconciliation, et j’ai dis que si cela n’était pas accepté, il fallait chercher une autre personne » Ce qui nous fait comprendre qu’à cette époque, les conditions étaient favorables pour l’éradication, donc à ce moment, Zeroual répondait bien au cahier de charge.

 

 

             D’habitude, toutes les mutations et désignations au sein  du corps de l’armée s’effectuent durant les fêtes nationales comme le 1er novembre ou le 5 juillet. Mais cette fois-ci, le groupe qui a pousser Zeroual et Betchine à la démission, et qui a imposé Bouteflika à la présidence a voulu mettre fin le plus vite possible à « la troïka des généraux recyclés ». Comme, il ne pouvait pas attendre plus longtemps, le 24 février 2000 M. Bouteflika, président de la République et chef suprême de l’armée a effectué des changements parmi lesquels on peut citer :

 

 

- Désignation du général major Fodil Chérif Brahim dans les fonctions de commandant de la première région militaire en remplacement du général major Rabah Boughaba.

 

- Désignation du général major Bey Said dans les  fonctions  de commandant de la 5eme région militaire en remplacement du général Djemai Ali.

 

- Désignation du général Boustila Ahmed dans les fonctions de commandant de la gendarmerie nationale en remplacement du général-major Derradji Tayeb.

 

           

 

Par ces désignations, on voit qu’après la mise à l’écart de Zeroual et Betchine, c’est au tour des généraux-majors  Derradji et Boughaba. D’une part, le pouvoir prône la politique de la réconciliation nationale par son projet de loi dit « concorde civile » et d’une autre part, il rappelle les éradicateurs aux commandes de la gendarmerie et de la 5em région militaire. Cela nous montre très bien que le groupe qui détient les rênes du pouvoir en Algérie est celui des éradicateurs et que « la concorde civile » n’est qu’une façon de vider le contrat de Rome tant décrié par toute la classe politique acquise, aujourd’hui, à « la concorde civile ». Le soutien apporté par les partisans de l’éradication pour « la concorde civile », nous donne aussi une idée sur les véritables intentions du pouvoir. Parmi ces partisans de l’éradication, on peut citer, en première position,  M.Réda Malek, président de l’ANR, qui a  inscrit la démarche de Bouteflika dans « une logique d’Etat ». Pour lui, l’approbation du peuple algérien à « la concorde civile » est « une leçon sévère » à « ceux qui se revendiquent de la paix et de la réconciliation ». M. Réda Malek aurait dû dire que la démarche du président est un coup sévère pour la réconciliation nationale. En deuxième position on y trouve, M. Said Sadi, président du RCD qui a défendu sa position dans une interview qu’il a accordé au quotidien le Matin du 10/11-09-1999 où, on pouvait lire : « Les raisons [qui l’ont pousser à voter « OUI » pour la concorde civile  NDA] sont très claires. C’est une loi qui est articulée sur trois points. Le premier, c’est que les armes doivent être déposées sans condition. Deuxièmement, tous ceux qui seront reconnus comme auteurs de crimes de sang ou de viols vont passer devant la justice. Troisièmement, il n’y aura pas de reconstitution de la mouvance politique (FIS) à l’origine de la violence qui persiste encore. J’ajoute qu’il s’agit d’une loi limitée dans le temps puisqu’elle ne dure que six mois. Il s’agit donc d’une approche sécuritaire qui permet de donner une chance à des jeunes qui se sont laissés tenter par la violence armée et qui, de notre point de vue, sont des victimes. Et sur le plan politique, elle ne fait aucune concession à l’islamisme et elle est l’exact contraire de la plate forme de Rome. » Effectivement, « la concorde civile » est l’exact contraire de la plate forme de Rome. Heureusement d’ailleurs. Mais, il est utile de rappeler que pour le contrat de Rome,  le texte est connu de tout le monde car cela a été fait dans la transparence la plus totale, ce qui n’est pas le cas de l’accord signé probablement dans une grotte, entre l’armée et l’AIS. Un accord dont on ignore le texte et qu’on ne peut donc juger sur la nature des concessions faites ou non par l’Etat. On peut dire aussi que la plate forme de Rome est signée par des hommes politiques et non pas par des hommes armés, comme ce fut le cas de l’accord Armée-AIS. On sait très bien que cette histoire du militaire qui prime sur le politique ne date pas d’hier, mais elle tire ses racines de la guerre de libération nationale. Elle a débuté avec l’assassinat de Abane Ramdane, qui a voulu imposer la force politique devant la force armée, celui qui est devenu la référence de M. Sadi durant ses meeting en Kabylie.  M. Sadi a parlé de la limitation de cette loi dans le temps. Sur le terrain, on a vu que les portes sont toujours ouvertes à ceux qui désirent déposer les armes même après la date limite, fixée pour le 13 janvier 2000. On a vu, par exemple, un ex-émir repenti en train de déposer une plainte contre un quotidien arabophone…et  M. Sadi n’a malgré cela  éprouvé aucune gène de continuer à siéger au gouvernement aux côtés des islamistes.   

Bouteflika entame son mandat par la répression et la propagande :

 

 

A suivre.../...

 

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Publié dans refuge

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