Bouteflika Président (suite 1)

Publié le par lydia

Bouteflika et la Kabylie durant sa campagne présidentielle :        

 

A Bejaia : « Si la salle est partagée entre le RCD et le FFS, pour ma part, je m’adresse à vous au nom de tout le peuple algérien. » Pour dire que le FFS et le RCD s’adresse au nom de la Kabylie  ?

 

« Je suis désolé pour l’accueil que vous m’avez réservé, mais sachez que si vous me rejeter, yemma Gouraya m’a ouvert ses bras. » c’est un savoir parler, mais quelques années plus tard, on l’a vu comment il a fermé ses bras devant les cris de Yemma Gouraya, lors du printemps noir.

 

« Si vous avez des comptes à régler, moi, en revanche, je n’en ai aucun. » Bouteflika s’il a des comptes à régler, c’est avec la cours des comptes et non pas avec la Kabylie. Mais , quelques années plus tard, on a vu comment il a su garder le silence pendant un mois, durant lequel les forces de la répression n’arrêtaient pas de tirer sur les jeunes de cette région.

 

« Maintenant, si vous avez perdu un match, ce n’est pas la fin du monde. Le propos n’est pas aujourd’hui, sur le RCD et le FFS, le RND et le FLN, les partis islamistes et laïcs, il s’agit de l’Algérie. » voilà comment on arrive à banaliser la valeur du projet de société en mettant en avant l’amour du pays .

 

 

 

Déclarations de quelques acteurs politiques après le retrait des six :

 

 

Déclaration du président sortant, M. Zeroual :

 

            « J’ai décidé que le processus électoral serait maintenu jusqu’à son terme ». Il a estimé que les raisons du retrait des six sont inconsistantes, pour lui cette décision a « des buts inavoués ». Enfin, il a qualifié cette décision de « particulièrement grave » comme « elle constitue un manquement à leur devoir de responsabilités ».

 

Ahmed Bedjaoui, président de la CNISEP  :

 

            « Avec regret, j’ai appris la nouvelle du retrait des six candidats qui ont précocement revendiqué l’annulation de vote des bureaux itinérants et spéciaux mais (…) l’opération de vote n’est jusqu’à ce jour que partiellement entamée. Et M. le président de la République ne peut véritablement se prononcer qu’à l’issue du scrutin. En sus de cela, et à ce que je sache, M. le président ne jouit d’aucune prérogative constitutionnelle lui permettant d’annuler ce scrutin. Seul le conseil constitutionnel est apte à le faire et seulement en cas de fraude et à l’issue de l’opération de vote. En ce qui concerne la CNISEP , il n’est pas dans ses missions de s’immiscer dans une décision politique prise par les six candidats. Mais j’enregistre avec peine profonde cette même décision politique qui ne fera que compliquer les choses. »

           

M. Bedjaoui a été le président du conseil constitutionnel lors des élections législatives  organisées par Bouteflika le 30 mai 2002. Et tout le monde sait que ces élections sont une fraude en elles-mêmes ; vu qu’une région complète du pays ( la Kabylie ) n’a pas participé à ce scrutin. M. Bedjaoui n’a pas hésité un seul instant à valider les résultas. Dans un cas pareil, je crois que ce conseil n’a pas de prérogative pour s’immiscer dans cet embrouillage politique mais, c’est au président la République que revient la décision d’annuler ou de valider ces législatives.

 

 

 

Mouloud Hamrouche, l’un des six candidats :

            Lors d’un point de presse, celui-ci avait déclaré: « Nous sommes face à un coup d’Etat particulier(…) il n’y a pas de consigne de vote. On a parlé d’un acte fort de retrait. Pour nous, il n’y a pas d’élection » avant d’ajouter : « le groupe des six a pris acte du mépris et de l’insolence du pouvoir et de ceux qui soutiennent le candidat du statu quo. (…) La bureaucratie totalitaire qui tient l’Etat en otage s’est mise au service de réseaux d’intérêt prébendiers et a choisi à la place du peuple. Elle a opté pour la division et l’exclusion des citoyens du choix de leurs gouvernants et du contrôle de l’exercice du pouvoir. »

 

Sid Ahmed Ghozali :

 

            Sid Ahmed Ghozali,  l’ex-chef du gouvernement, connu sous le pseudonyme de M. «  élections propres et honnêtes », a été écarté de la course aux présidentielles d’avril 1999, vu qu’il est natif de l’ouest algérien, donc susceptible de faire de l’ombre à Bouteflika. M. Ghozali a déclaré à propos de ces élections : « Le 12 mars dernier, au terme du processus de désignation des candidats aux élections présidentielles, j’avais rappelé notamment que : (…) durant les mois qui ont  précédé le 28 février, l’instauration d’un climat politique conduisant à laisser les citoyens se convaincre que le prochain président est connu depuis plus de quatre mois, ainsi que les pratiques discriminatoires, les tricheries et intimidations scandaleuses vécues sur le terrain lors de la mascarade des parrainages et légalisation des signatures, tout cela des centaines de milliers d’Algériens le savaient avant moi et sont à même d’en témoigner.(…) Par contre, ce même retrait facilitera considérablement l’obtention du résultat  décidé à l’avance. »

 

 

 Ahmed Taleb  Ibrahimi :

 

            Le docteur  Taleb Ibrahimi, candidat aux présidentielles du 15 avril 1999, déclare au lendemain du scrutin que: « Si le pouvoir persiste à introniser le candidat qu’il a désigné, nous le considérons comme un pouvoir de fait, mais dénué de légitimité constitutionnelle. » En réponse à une question d’un journaliste de la chaîne  LCI, Ibrahimi avait réclamé une nouvelle élection qui « devrait se tenir le plutôt possible » avant d’ajouter que le « président choisi ne dispose pas de légitimité populaire. » Plus loin, il a déclare : «  au cours des derniers jours où on a assisté à un basculement de tous les cercles des décideurs au sein du pouvoir du côté d’un candidat déterminé. » Pour lui, ce processus a permis de « dévoiler l’image réelle de l’Algérie qui se prétend démocratique, alors qu’en réalité elle est gouvernée par un régime dictatorial et oligarchique. »

 

Réaction de l’opinion international

 

La réaction des USA

 

            Après le retrait des six candidats le porte-parole du département d’Etat, M. Lee McClenny a déclaré : « Nous suivons de près ces élections et notre intérêt réside toujours dans un processus électoral crédible. Nous avons fait savoir clairement que les élections libres et justes étaient un élément décisif du processus de réformes politiques en Algérie dans le cadre duquel les Algériens choisissent leur leader. »

 

 

 Réaction du Parti Socialiste Français :

            Le jour du scrutin, le 15 avril 1999, le premier secrétaire du parti socialiste qui était à l’époque au pouvoir, a déclaré sur LCI, que Bouteflika qui se trouve seul candidat ne pourra pas « tirer de ce scrutin une légitimité, même s’il aura l’apparence de la légalité. » Pour lui, dans des conditions pareilles « il fallait reporter le scrutin et trouver  les conditions » pour que « le candidat élu puisse être un président légitime. »

 

Réaction de l’Internationale Socialiste :

            Le président de l’internationale socialiste, M. Pierre Mauroy, a  déclaré, le 15 avril 1999, dans un communiqué transmis à la presse qu’ « un coup dur vient d’être porté à l’espoir d’un renouveau démocratique qu’avait fait naître la campagne électorale. » Dans le même communiqué, l’internationale socialiste, salue le président du FFS et les cinq autres candidats pour leur retrait suite à leur constatations des fraudes massives, avant qu’elle déplore le fait que « le président Zeroual n’ait pas reporté un scrutin désormais vide de sens et dont les résultats, joués d’avance, sont dépourvus de toute légitimité. »

 

Déclaration de Bouteflika le jour du scrutin :

 

             Bouteflika a déclaré au micro de l’envoyé spécial de France 2, dans le journal de 13 heure :« Si je ne suis pas élu avec une majorité confortable, je retournerai chez moi où j’étais heureux. » Bouteflika nous informe de sa propre bouche qu’il était heureux chez lui au moment où le peuple était en train de lutter pour survivre. Chez lui, dans les pays du Golf ? Ou bien en Suisse ?

 

            Le 16 avril 1999, après avoir connu  les résultats « confortables », Bouteflika a tenu une conférence de presse. D’emblée, il a décrété qu’il était « élu pour le dialogue » par le peuple qui « s’est exprimé dans la clarté ». Par rapport au retrait des six, il a déclaré : « Il y avait sept chevaliers, six d’entre eux se sont retirés. Le septième est donc arrivé premier. » Un homme qui se dit démocrate devrait se poser la question pour savoir les raisons qui ont poussé les six « chevaliers » à se retirer. Et dans le cas où il découvre que le jeu n’était pas saint, lui aussi devrait  se retirer pour ôter le voile sur le système pourri régnant dans le pays. Mais quand on sait que le septième est le cheval de ce système et non pas un chevalier comme les autres, les raisons du retrait deviennent invisibles. Mais, il est toujours utile de rappeler ces raisons évoquées dans le communiqué des six qui sont les suivantes :

 

-         « Nous enregistrons la persistance du pouvoir à dénier aux citoyennes et aux citoyens leurs droit de décider de leur avenir et de choisir leur président, et nous le  rendons responsable de ce qui en découle ;

-         Nous réaffirmons que les engagements pris par le président de la République et le chef d’Etat-major de l’ANP pour garantir l’organisation d’un scrutin libre et transparent n’ont pas été respectés sur le terrain ;

 

-         Nous décidons notre retrait collectif de l’élection présidentielle et la non-reconnaissance de la légitimité des résultats de ce scrutin et appelons à cet effet au retrait de nos représentants dans les bureaux et centres de vote et dans les commissions de surveillance à tous les niveaux. »

 

 

Dans cette même conférence de presse tenue par le nouveau président, suite à la question d’un journaliste qui a voulu savoir la position de Bouteflika par rapport à la réaction de la France qui s’est déclarée « préoccupée » par la situation de l’Algérie, Bouteflika lui a répondu par : « S’il vous plait, dites à la France et à tous les étrangers de s’occuper d’avantage de leurs affaires que de celles de mon pays. » avant d’ajouter : «  Cette forme de protectorat et de souveraineté limitée, c’est fini avec moi… la France doit cesser de faire de l’Algérie un point de fixation. » Et pour terminer sa réponse, il a dit : « Je n’accepterai ni tutelle ni ingérence. »  En l’entendant répondre avec ce ton, on dirait qu’il a déjà préparé les moyens de sa politique avant d’être élu. Mais, avec le temps, on a vu que ce ses déclarations font une ligne parallèle avec ses pratiques sur le terrain.

 

Les militaires qui ont imposé M.. Bouteflika  au pouvoir

                                                                                                 A suivre.../...

 

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Publié dans refuge

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