colère
Colère!
Je me demande comment
Que je réagisse autrement
En étant dans cette situation ?
Je me suis retrouvé tout seul
Dans un monde assez cruel
Dans lequel je naviguais dans tous les sens
Sans sentir aucune présence.
A mes côtés
Une présence qui puisse m’aider
Du moins moralement
Au contraire !
Chaque jour que Dieu fait
Je reçois des appels
Des gens qui m’harcèlent
Croyant que je suis leur abeille
Survolant les fleurs du champs de mars
A côté de la tour Eiffel
Ils veulent que les arrose avec du miel
Il faut que vous viviez ma situation
Pour saisir mon tempérament
Il faut que vous dégustiez
Un peu de ma vie de chien
Errant du matin au soir
Avec un minimum d’espoir
Pour assurer mes lendemains
Qui me sont incertains
Ainsi, peut être, vous me demanderiez une part de mes chagrins.
Vivant dans un pays étranger
Sans être reconnu
Ni comme immigré
Ni comme réfugié
C’est, plonger dans un océan
Sans savoir quelle est la direction
Menant au port le plus proche
Au lieu qu’on me lance
Une bouée ou une petite planche
Qui me permettra de souffler
Non !
Je vois à l’horizon des gens
Qui viennent pour m’enfoncer
Avec leurs suggestions insensées
Si je n’avais pas laissé derrière moi
Une femme et trois filles
J’arrêterai nettement mon temps
Je m’ vaporiserai
Et je disparaîtrai à jamais
Comment osez-vous appeler
Vous espérez d’être écouté
Par celui qui vit à Paris
En qualité de sans papier
Par celui qui est parti
En laissant derrière lui
Trois bébés que vous ignorés
Et pourtant ils sont à vos côtés.
Pour ne pas vous causer de chagrin
Je ne me suis jamais plains
Mais là vous me forcez la main
Pour vider mon cœur
Vous avez réussi à briser la digue
Qui a tant empêché
Mes larmes de vous inonder
Tant pis pour vous et tant mieux pour moi
Car là, je me sens soulagé
Je me sens un peu léger
Je suis capable de survoler
Avec moins de soucis.
Rahim Bouaich Paris- Melun le 09/06/2003
J’aurais pu donner un autre titre à cet écrit. Oui j’aurais pu mettre à la place de « colère » « c’est dommage ! », car je trouve que c’est vraiment dommage d’arriver à écrire des mots qui retracent les maux que je vis à cause de ma situation. Une situation que je n’avais pas choisie. La situation qui m’avait mis le premier dans le rang et qui m’a doté d’une conscience infatigable. J’aurai aimé voir ma conscience lassée, en train de se relâcher pour qu’elle me relâche et me laisser en paix. Mais quelle paix ? La paix de recevoir des appels de secours et de faire en sorte de n’avoir rien entendu et dormir comme si le monde va mieux ? Et voilà ma conscience qui pointe déjà son nez avec son lot de questions. C’est justement cette série de questions qui m’empêchent de dormir à chaque fois que je reçois un appel de détresse. Pour satisfaire ma conscience, à chaque fois, je me retrouve sous la contrainte de faire abstraction de ma détresse personnelle pour m’occuper de celle des autres. Je me dis que la mienne est entre mes mains que je suis jeune et capable de la supporter. Ainsi, j’écris noir su blanc ce que je sens et le lendemain, à mon réveil, je me lève pour secourir et répondre favorablement aux sollicitations