Des idées qu'on laisse tomber
Des idées
En parcourant les trottoirs des grandes villes
La discussion m’apparaît plus stérile
En rentrant dans les couloirs des grands magasins
Je voyais des gens et des va-et-vient
C’est un monde malin ou mal saint
En croyant qu’elle fertile, ma cervelle
Je rejoignais mon trottoir
En croyant et en voulant de la gloire
Je me faisais des idées que je laissées tombées après
J’avais l’envie de voler les personnes ayant déjà volé
Mais ce n’est pas possible, elles sont bien protégées
J’avais l’envie de les tromper
Comme elles ont déjà trompé la société
Mais elles ne sont plus sur mon trottoir
Peut être qu’elles sont dans les coulisses du pouvoir
Alors, qui pourrai-je tromper et qui pourrai-je voler ?
Le salaire des pauvres malheureux
Qui rendent quelques enfants heureux ?
Comme la misère des autres n’a jamais fait mon bonheur
Cela dit que je m’étais fait une idée
Que j’avais laissé tombé tout de suite après.
J’avais l’envie de faire une amie
Et vivre l’amour isolé
Mais l’amour ne m’était pas permis
Vue l’orgueil des filles
Désirant des merveilles
Des jeunes vivant la folie du chômage
A fleur d’âge
Vivant la folie du chômage
Qui est toujours en éveil
C’est une idée que je m’étais faite
Et je j’avais laissée tombée tout de suite après.
J’avais l’envie de pleurer mon malheur
Mais pleurer ne change rien
Au contraire ça amplifiera mon chagrin…
J’vais l’envie de vivre la paix
Je m’étais donc arrangé avec ma solitude
Pour apaiser mon inquiétude
C’est ainsi que j’avais l’envie de chanter ma misère
Qui aussi la votre
Et retourner à la mer
Où se trouvait mon chalutier, mon écritoire
Qui me permet de tous noter
Et composer tout de suite
C’est une idée que je m’étais faite
Et que je ne laisserai pas tomber
Je rentrai dans un café
Regarder la télévision et écouter les informations
Où on nous parlait :
Des nouvelles villes qui écrasent les bidonvilles
Des politiciens qui nous chantaient leur soif du pouvoir
En jouant la carte du miroir
De nos misères et nos désespoirs
Des faits divers
D’un homme qui avait violé sa fille sans le vouloir
Ou sans le savoir
Mais on ne parle pas :
Des chanteurs exilés
Des écrivains assassinés
Des journalistes emprisonnés
De la jeunesse sinistrée…
En quittant le café, c’est au tour d’un vieux bar
Où se trouvaient quelques barbares
Se permettant le luxe de l’alcool
En laissant leurs enfants menant la vie de mendiants
Où est la protection sociale
Autorisant cette vie cruciale
Je m’étais arrangé dans un coin
Sous l’ombre de la dictature
Où se réunissaient les écrivains
Menant la vie d’orphelins
Car on les a privé de leurs plumes
A la place, on leur a offert des dunes de tabac
Et des fleuves d’alcool
Pour les distraire et leur faire oublier leur objectif tracé.
Durant la nuit, sur mon trottoir
Je rencontrais des filles
Ayant épousé la prostitution
Afin de ramasser de l’argent
Je rencontrais des enfants sans abri,
Des vieux en train de soliloquer
Leurs dents tremblées vu le froid régnant la nuit
Où sont les maisons de repos
Ces maisons de la « RAHMA »
Bejaia le 27/07/1996. Rahim Bouaich