Bouteflika Président (suite 5)

Publié le par lydia

Dans le même discours, le président a déclaré : « Tous les responsables des dépassements et principalement ceux impliqués dans la mort d’hommes sont et seront poursuivis par l’Etat. » Peut-on croire à la poursuite des gendarmes quand on sait que des terroristes, auteurs de crime contre l’humanité se pavanent dans la rue sans êtres inquiétés. Et dans le cas où les gendarmes et les autres responsables de la mort d’hommes sont poursuivis et sévèrement punis, quelle sera l’attitude de leurs collègues qui voient que des terroristes sont amnistiés par le président de la République  ? Voilà comment on  tombe dans le piège des injustices.

 

La période Chadli ou « la décennie noire » :

 

            Depuis son intronisation, Bouteflika n’a pas cessé  de qualifier de « décennie noire » la période de Chadli. Alors que sur le terrain, on voit que presque tous les acteurs de cette époque sont réhabilités par ce président, donc il ne restait que Chadli considéré comme le maillon faible de la chaîne.  Parmi les attaques de Bouteflika  on a enregistré, durant la campagne pour la concorde civile :

-         L’Algérie souffre d’«  une politique désastreuse qui a brisé, au cours des années 80, l’élan du développement et péché par manque de vision. » Dans  le quotidien  français, l’express

 

A une chaîne de télé Egyptienne :

-         Chadli a fomenté avec François Mitterrand, le président français à l’époque les événements du 5 octobre 1988. Selon Bouteflika un tête à tête a eu lieu entre ces deux hommes pendant 10 heures et que le président français a menacé son homologue algérien de « suspendre toute forme d’aide financière à l’Algérie s’il n’y avait pas d’ouverture démocratique. »

-         « Chadli avait les prérogatives de Franco et dirigeait comme la reine Elizabeth. »

 

Ce dernier, après neuf ans de silence, «  a décidé » un jour de briser ce silence en accordant un long entretien au Directeur du quotidien le Matin, M. Mohamed Benchicou, publié le 13 janvier 2001, dont voici, les réponses destinées visiblement à Bouteflika.

 

Chadli Bendjedid : « Répondre à qui ?Et pourquoi ?Pour ajouter de l’huile sur le feu qui n’en manque pas ? Pour créer d’autres motifs de discorde à une situation déjà fort compliquée ? (…) celle (la politiqu, NdA.) qui se plaît dans la critique facile du prédécesseur, la démesure verbale et l’alibi de l’héritage catastrophique (…) Dénoncer la gestion de celui qui n’est plus là, parler de « décennie noire », cela peut être parfois,  une diversion pratique pour cacher les défauts et les incompétences, un prétexte pour éviter de parler des maux actuels, mais cela ne résout jamais la question de l’avenir du pays. C’est tellement vain. La preuve… », « ce que ces gens là doivent savoir, c’est qu’à la mort de Boumediene Chadli Bendjedid n’a jamais revendiqué succession. En qualité de coordinateur de l’armée, c’est moi qui ai proposé à des candidats médiatisés à l’époque de prendre la relève. Ils ont refusé. Oui, ils ont refusé parce que la situation était complexe, l’endettement énorme, les caisses vides, les étals déserts et la pénurie régnante…Chadli n’avait plus le choix. » Peut-on comprendre par-là que même Bouteflika avait refusé la succession, vu qu’il était parmi les gens les plus médiatisées de l’époque ?

 

« Pendant cette décennie, on a édifié une quantité de barrages, construit des milliers de logements, libéré le marché de la consommation, libéré les mœurs politiques, autorisé la presse libre et le multipartisme, consolidé l’image du pays, libéré les détenus politiques et d’opinion… De quelle décennie noire parle-t-on ? » Peut être de la décennie qui venait de débuter avec Bouteflika, qui a réhabilité la prison pour les délits d’opinion, qui veut museler la presse avec les réformes apportées au code pénal et par le renforcement de l’Anep…

 

« La cour des comptes devait faire un travail de constat de l’utilisation des deniers publics et de récupération du patrimoine national. Elle n’avait pas pour mission de s’en prendre à des personnalités politiques de l’époque. Quant j’entends aujourd’hui le sobriquet de « cour des règlement des comptes », cela m’indigne. Chadli Bendjeid n’était pas obsédé par l’idée de créer des problèmes à des personnalités politiques. C’est oublier trop vite que c’est Chadli Bendjedid, pour des besoins de paix sociale, qui a fait voter une résolution au congrès du FLN épargnant la détention à des personnalités politiques impliquées dans les détournements de fonds publics. Non, je n’étais animé par aucun désir de vengeance . Seul m’importait la réhabilitation du droit. »  Tout le monde sait que Bouteflika a été ciblé par la cour des compte durant les années 80, d’ailleurs durant la campagne électorale des présidentielles du 15 avril 1999, un tract avait circulé dans ce sens.

 

Bouteflika et sa médaille d’or africaine de la paix ( la Tribune du 14-02-01)

            Le 12 février 2001 soit, deux mois avant le déclenchement des événements de Kabylie, Bouteflika a reçu, , la médaille d’or africaine de la paix. A cette occasion, il a déclaré : « Il n’y a rien qui puisse se faire sans la paix. On ne peut absolument  rien entreprendre sans la paix. » Moi, je dirai que sans la paix, il n’y a que le peuple qui ne peut rien entreprendre. Nos dirigeants, par contre, peuvent organiser des élections à chaque fois que la nécessité les oblige comme ce fut le cas des législatives du 30 mai 2002 . La mafia dont parle Bouteflika n’arrête pas de profiter de cette situation pour doper son chiffre d’affaire. Ce jour-là, Bouteflika a ajouté : « Alors, puisque vous me donner la chance à travers vous de m’adresser au peuple algérien et aux peuples africains, je voudrais dire que ni l’école ni l’hôpital, ni le logement ni tous les biens de ce monde ne valent quoi que ce soit s’il n’y a pas la paix. Que quelque projet de société auquel on puisse aspirer n’est qu’une fiction, un fantasme, s’il n’y a pas la paix. Que la société laïque n’a absolument aucun sens s’il n’y a pas la paix. Pas plus d’ailleurs que la société islamique. » Selon Bouteflika, tant que le terrorisme n’est pas éradiqué, la vie doit s’arrêter. Tant que la paix n’est pas restaurée, il est inutile de penser à un projet de société, de réformer l’école, de construire des logements et des hôpitaux. Le peuple doit attendre la paix et en conséquence, il doit prolonger la vie de ce régime.  Est-il possible de réaliser la paix avec une crise de logement, une école qui produit des bras-cassés ? A mon avis, tant que des citoyens continuent à dormir dans la rue au moment où des supers citoyens se partagent les villas de luxes des hauteurs d’Alger, tant que des citoyens n’arrivent pas à se soigner alors que d’autres n’arrêtent pas de bénéficier des prises en charge pour se soigner à l’étranger et  tant que les citoyens continuent à former leurs enfants dans des écoles sans moyens et sans crédibilité, alors que d’autres se permettent le luxe des écoles étrangères et des écoles privées, la paix ne  sera pas réalisée. Alors, il est temps d’arrêter de faire du chantage à une population meurtrie. Bouteflika lui-même me rejoint dans ce sens dans sa déclaration au mensuel Arabies, dans son édition de décembre 2001, lorsqu’il dit que les causes du terrorisme ne sont pas religieuses mais  sont «  au niveau de la misère sociale, des situations d’humiliation collective et individuelle et des tentations de désespoir qu’elles entraînent. » qui seraient « favorisées par des thèses dévoyant le vrai sens de l’Islam. »

 

 

            Bouteflika qui sait que la paix n’est pas restaurée, pourquoi n’a-t-il pas décliné cette médaille ? Au contraire, certains sont allés plus loin pour parler de la probable attribution du prix Nobel de la paix pour Bouteflika.  Dans le domaine sportif, quand on découvre qu’un athlète s’est dopé durant la compétition dont laquelle il a gagné une médaille, on n’hésite pas, un seul instant, pour la lui retirer tout en le suspendant pour une période donnée. Il est temps de procéder de la même façon dans le domaine politique ; c’est à dire quand une institution attribue à un homme politique une médaille de la paix, le jour où ce dernier se trouve responsable d’une répression ou d’un massacre, on doit la lui retirer. Pour citer l’exemple de Yasser Arafat, prix Nobel de la paix et dont on dit qu’il est complice des attentats kamikaze contre les civils Israéliens et Bouteflika président de la République au moment de la répression sauvage qui s’est abattue sur les jeunes de la Kabylie et qui a fait une centaine de morts et des milliers de blessés..  

 

Quelques sorties de Bouteflika sur le territoire national :

 

Bouteflika à Béjaia le 12-09-1999 :

 

            En venant de Laghouat, Bouteflika a atterri à Bejaia où il a animé un meeting populaire. Parmi ces déclarations on a enregistré les suivantes :

-« L’Algérie est déjà présente en Afrique et au Maghreb, alors mes sorties en Europe et mes discussions avec les journalistes sont de nature à donner une autre image de l’Algérie que celle véhiculée jusque-là par la presse nationale. » En revenant des années en arrière, on pouvait cacher la véritable situation du pays, mais avec le développement des moyens de communication, il est inutile d’en essayer. A moins que Bouteflika veut exporter l’image d’une Algérie qui s’apprête à embrasser les égorgeurs d’enfants ?

 

-« Il n’y a plus de place ni aux thèses islamistes ou démocrates ou laïques si l’Algérie continue de brûler. » Quand le pays continue de brûler, il n’y a de place que pour les thèses du nouveau roi et celles de ceux qui sont derrière lui.

-« Un terroriste est algérien comme tous les autres. » La différence, s’est qu’il y a ceux qui tuent et ceux qui meurent. Il y’ a ceux qui veulent moderniser le pays et ceux qui veulent l’enfoncer dans des pratiques moyenâgeuses.

-« Que tout le peuple dise ce qu’il ne veut pas et sa volonté sera appliquée, mais s’il opte pour la paix nous traduirons aussi sa volonté. » Le peuple a le droit de dire ce qu’il ne veut pas et non pas le droit de dire ce qu’il veut. La preuve ? Quand la Kabylie a dit ce qu’elle voulait, elle a eu  droit à ce qu’elle ne voulait pas ; à des balles dans la tête.

-« Je veux une majorité écrasante pour être à l’aise et parler des droits de l’Homme avec Amnesty international. » Voilà comment on tente de rattraper le vide du 15 avril 1999.

   

Bouteflika à Oran le 13 –09-1999. (le Matin du 14-09-1999)

            Dans le cadre de la campagne électorale pour le référendum pour « la concorde civile », Bouteflika avait effectué plusieurs visites sur le territoire nationale, pour appeler la population à voter OUI. Parmi ces visites, on a retenu celle d’Oran. A partir de la salle des sports, où il avait tenu un meeting.

 

-         « Je salue le civisme des députés RND, FLN et MSP qui ont assisté au meeting de Said Sadi à la salle Ibn Khaldoun. »

 

-         « J’ai trouvé des lois taillés sur mesure pour des personnes qui monopolisent l’économie, en plus de la bureaucratie paralysante. »

 

-         « Je peux faire rentrer l’armée dans les casernes, mais je sais que vous allez vous manger entre vous. » Voilà comment Bouteflika méprise le peuple algérien. C’est une phrase qui nous montre bien l’image du peuple au yeux du pouvoir ; des animaux vivants dans la jungle des généraux.

 

-         « Même si on raconte ça et là que certains patriotes font des dépassements, c’est vrai, mais ce n’est pas pour  autant que tout le monde est mauvais. »  Certes, on ne peut pas dire que tout le monde est mauvais, mais ceux qui font des dépassements tels qu’on les voit, on ne peut pas les nommer patriotes, car les patriotes sont ceux qui veulent du bien et pour le pays et pour son peuple.

 

-         « Plusieurs voix se sont élevés ces jours-ci pour dire que je suis contre la liberté de la presse et que je monopolise les médias lourds, l’ENTV, et je suis contre le multipartisme, vous devez voter le 16 septembre pour répondre à tous ceux-là et que chacun juge son poids. » Une façon de piéger la population, c’est à dire c’est une façon de dire que ceux qui votent pour la concorde civile soutiennent Bouteflika dans sa politique contre la presse et le multipartisme. La preuve, après les résultas du référendum, on a vu le traitement réservé à la presse et aux partis de l’opposition.

 

-         « Je juge qu’après le 13 janvier que celui qui touchera à l’intégrité du pays ou tuera, la loi sera plus affinée que l’épée d’El Hadjadj. » Tout le monde a vu et constaté la flexibilité de la loi de Bouteflika après cette date butoir. On a entendu Bouteflika dire des années après le 13 janvier 2000, que les portes sont toujours ouvertes.

 

-         « Vous ne pouvez même pas choisir des personnes et vous voulez construire un pays. J’aurais aimé que cet engouement devant la télévision soit canalisé pour construire. » En voulant engager un débat avec le public, Bouteflika n’avait pas voulu comprendre que l’engouement vers le micro est dû au manque de communication entre les gouvernants et les gouvernés et que ces derniers ont beaucoup de choses sur le cœur. Il a montré une seconde fois son mépris envers ce peuple qu’il se dit être le représentant. 

 

 

Bouteflika en visite à Oran le 06 juin 2000 (le matin du 8-06-2000):

L’un des messages à retenir de cette visite est  la façon avec laquelle, Bouteflika a secoué, par la veste, un professeur. Cette personne avait déclaré dans la presse : « Nous étions venus réclamer notre droit à un logement décent et ce n’était pas le chef de l’Etat qui était visé pour qu’il réagisse ainsi à mon égard, en me secouant par ma veste. »

 

Parmi les déclarations faite ce jour-là, on a retenu :

 

            « La paix ne sera pas meilleure si l’on attend que le nombre de morts passe de 100.000 à 200.000, que le nombre de victimes double pour être de 2 millions et les dommages atteignent 40 milliards contre 20 milliards actuellement. »

 

 

             La paix était possible en 1994, mais les démons ont su comment diaboliser le contrat de Rome. La paix, si vraiment elle est entre les mains de Bouteflika, elle aurait pu se réaliser en 1994, l’année, où on lui a proposé le poste de chef d’Etat. Mais, quand on a des gens qui ne cherchent que leurs intérêts personnels et leur revanche, la paix peut encore attendre quelques années de plus et à savoir.

 

            « La constitution aux termes de laquelle le président de la République , (qui) élu au suffrage universel, nomme un chef du gouvernement. Cette disposition a donné lieu à une situation où l’exécutif se dérobe de ses responsabilités. »

 

            « le président de la République a pour prérogative de tracer les grandes lignes de la politique générale et d’être le garant des droits du peuple et non d’être comptable de toutes les anomalies pouvant survenir dans le fonctionnement des institutions. »

 

            Celle-là est l’idée de ceux qui l’ont désigner président de la République. Bouteflika a t-il oublié tous les registres qu’on expose pour les citoyens pour y porter leurs doléances ?  l’année où il demandait aux personnes chargés du protocole de recueillir toutes les requêtes, à l’instar de sa visite à Béchar le 1 septembre 1999 ? C’était le temps de campagne pour la concorde civile . En plus de cela, appeler les jeunes filles à cesser de fumer, à partir de Batna, fait-il partie des grands dossiers du président ? Dans un pays comme le notre, il est incommode de vouloir se dérober à la réalité qui dit que le président de la République est là pour décorer les grandes lignes qu’on lui a tracé, ni plus ni moins.

 

            « Les présidents des APC ne doivent pas se comporter comme des Caïds ou des Pachas. » Même si on sait que Bouteflika n’est que l’épouvantail, cela ne m’empêche pas de dire que lui aussi ne doit pas se comporter comme un Roi devant le peuple.

 

            « Désormais il n’y aurait plus de logement F1 qui ne conviennent pas aux traditions de la société algérienne. »  Une façon de dire que dorénavant, on construira des logements plus spacieux. Mais, le mois de mars 2002, on apprend dans la presse (El watan du 18) que « lors de l’inauguration du projet piloté par Cosider, il (Bouteflika NP) a conseillé de construire des F1 et F2 afin de diminuer la charge financière des bénéficiaires. » alors que selon le ministre de l’habitat, la majorité des souscripteurs à cette formule de location vente souhaitent posséder des logements F4 avec option de régler jusqu’à 60% du coup du logement. Toujours selon ce ministre 33% des 20.000 premiers bénéficiaires du programme de 2001 souhaitent payer leurs logement en 15ans, et 3600 des dossiers sont en attente vue que ces derniers sont incapables d’honorer la première tranche de 10% de la valeur de l’appartement.  Ce jour-là, Bouteflika s’est rendu compte du problème, alors il a jugé qu’il est nécessaire de prévoir le partage de l’apport initial de 25% en trois versement. 

 

            Est-il logique de lancer de telles formules dans un pays dont le pouvoir lui-même reconnaît qu’il y a 12 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté ?

 

            « Utiliser son passé militant pour porter atteinte à l’image de son pays et de son peuple n’est pas faire preuve de patriotisme et de loyauté. » Utiliser son passé de diplomate pour briser toute alternative politique, pour mépriser le peuple et condamner le pays à rester plongé dans le gouffre de la violence et des injustices n’est pas du tout une forme de patriotisme.

 

            « Depuis 20 ans, Oran n’a cessé d’être malmenée et chaque Wali qui vient est pire que son prédécesseur. » La situation d’Oran est à l’image du pays. Les walis passés sont désignés par le pouvoir central, d’ailleurs, même Bouteflika a fait un remaniement au sein de ce corps. Ce qui nous mène à dire que chaque président qui vient est pire que son prédécesseur.

 

 

            « Il faut se contenter du peu en attendant mieux. » Et si ce peu n’existe pas, sur quoi peut-on se contenter ? surtout pas sur les promesses de nos dirigeants.

            « Le rétablissement de la paix est acquis à 90%. » S’agit-il de la paix au sommet ?Car au sein du peuple, on ne voit rien venir ; chaque jour que Dieu fait, des familles entières continuent à êtres décimées.

 

            «Je sais que l’Algérien est maintenant mieux considéré à l’extérieur qu’à l’intérieur. » S’il y a des gens à l’intérieur du pays qui ne considèrent pas le peuple, ça ne peut être que Bouteflika et le groupe qui l’a posé sur le fauteuil présidentiel.

 

            « Nous sommes régis par une constitution qui n’a ni queue ni tête ». Bouteflika veut une constitution sans queue, c’est à dire sans lois au dessus de lui. Peut être, un jour il arrivera à élaborer une constitution flexible à l’image du projet de loi sur la concorde civile.

            «Il y a une véritable mafia qui s’est spécialisée dans le commerce de la drogue et la contrebande d’alcool. » Quand on a un premier magistrat du pays qui trouve du plaisir à faire les constats de simples citoyens, et quand on sait que le détenteur du monopole sur l’importation de la bière fait partie de  son entourage, le général à la retraite Attalia, on doit s’attendre à la mafia des organes. 

 

L’Algérie à deux vitesses :

 

            Souvenons-nous que quelques jours avant la visite de Bouteflika à Oran, cette ville était le théâtre d’un procès d’un réseau international. Bouteflika avait déclaré qu’à Oran « il y a une véritable mafia qui s’est spécialisée dans le commerce de la drogue et la contrebande d’alcool. ». En apprenant à travers la presse la fin de ce procès, on comprend que Bouteflika n’a fait qu’un  simple constat de simple citoyen, impuissant devant la force du mal. Une année complète d’instruction du dossier concernant ce réseau est partie en l’air ; on a condamné ceux qui ont des rôles secondaires alors que les véritables acteurs sont restés sous la protection d’un pouvoir occulte. Durant ce procès, l’opinion public a eu le droit à la découverte  des faits très graves à l’image de cet ex-chef de la sûreté de la wilaya d’Oran qui a accusé les services de la sécurité militaire qui, selon lui, l’on mêlé dans cette affaire de drogue pour les différends qui ont existés entre leurs services durant la lutte anti-terroriste. On a eu le droit de voir comment les services de sécurité pouvaient mouiller une personne placée dans leur centre de mire, comme on  a eu aussi le droit de découvrir, selon l’enquête préliminaire, comment des armes circulaient des mains d’un colonel vers un trafiquant de drogue et puis d’un officier de la DGSN d’Alger vers ce même trafiquant d’Oran. En fermant ce dossier sans faire de la lumière sur les tenants et les aboutissants de ce réseaux, on a le droit d’avoir des doutes sur le verdict prononcé en notre nom (au nom du peuple).   

 

Visite de Bouteflika à Tipaza, le 05-08-2000.

 

            Ce que nous avons gardé comme souvenir de cette visite à l’exposition Med. 2000 est le fait de voir Bouteflika écouter des chansons vantant la paix par la chorale « Angham d’Alger », avant qu’il se soit procédé à un lâcher de colombe et ce le même jour de l’enterrement de six jeunes assassinés à Blida.

 

 

Bouteflika en visite à Batna : Le jeudi 11janvier 2001, date anniversaire de l’écartement de Chadli de la présidence (11-01-1992). Durant cette visite, Bouteflika ne savait pas sur quel pied  danser ; d’une part il a menacé de « frapper d’une main de fer les terroristes » et d’autre part, il a déclaré à qui veut l’entendre que la concorde civile a « triomphé ».Pour lui, « il reste un taux de terroristes et de traîtres à réduire, ils n’ont aucun lien avec Dieu et la patrie. Ils égorgent les femmes, les enfants et les étrangers. » Alors, pour arriver à l’éradication de ce phénomène, il a fait appel à la population pour aider les forces de sécurité dans leur lutte, dans ces termes : «  Chacun sait que sans la sécurité il ne peut y avoir de développement, et que la collaboration étroite avec les forces de sécurité est indispensable pour mettre fin à la violence. »  Bouteflika ne parle pas de l’étroite collaboration que l’Etat doit montrer envers ce peuple meurtri et enfoncé dans la misère. On connaît ce peuple uniquement dans les moments difficiles, comme dans ce cas sinon le jour du vote.

 

Bouteflika qui n’arrête pas de dire que les portes sont toujours ouvertes à ceux qui veulent se rendre, des mois après la date limite de la loi amnistiante (13 janvier 2000), ce jour-là, à Batna, il a insisté sur sa menace en la répétant une seconde fois par ces termes : «  Je le dis clairement, nous frapperons avec une main de fer au nom de l’islam et du patriotisme quiconque touche à la vie du citoyen. » comme il n’a pas oublié d’adresser cette phrase à la presse : «  Il ne faut pas confondre la liberté d’opinion qui est un moyen de prise de conscience et de culture avec l’invective.   Il apparaît très clairement que cette société est gérée sans lois (…) Il est indécent d’infliger une amende de 1000Da à une personne qui insulte l’Etat et attente à son prestige à l’intérieur et à l’extérieur du pays ».

 

 Quelques mois plus tard, Bouteflika  a effectivement  frappé avec deux mains de fer, mais la cible était les jeunes de la Kabylie et la presse.

 

« La paix est à la portée de tous les algériens, plus vite qu’ils ne le souhaitent, plus rapidement qu’ils ne le désirent, pour peu qu’ils se convainquent un peu plus qu’elle est à leur protée et qu’ils n’attendent pas que les autres la leur ramène. La paix en Algérie ne se fera que par les algériens. Elle ne viendra pas de l’extérieur. »  Il n’y a que la manipulation qui vient de l’extérieur ; c’est la devise de nos dirigeants devant toute forme de protestation contre les injustices.

 

500 morts entre novembre 2000 et février 2001 (voir la tribune du 14-02-2001 p.3) et le président demande au peuple de se convaincre que la paix est à sa portée. En d’autre termes, il demande au peuple d’oublier qu’il y a des morts même s’il y’en a chaque jour.  Laissez ces morts se désintégrer dans la nature, ne les enterrer pas, car cela appelle la présence du peuple. Oui, la paix est à la portée des algériens, mais à condition que les femmes arrêtent de fumer publiquement et de porter des mini-jupes qui pourraient exciter les violeurs amnistiés, que la presse cesse d’écrire le mot « repenti ». En un mot, pour avoir la paix, on doit nous soumettre au régime militaire et aux terroristes.

 

« Qu’est- ce qu’un homme de paix ? C’est un homme qui dédie sa vie à faire en sorte que les autres souffrent moins. Souvent ses efforts restent vains. Quelques fois, par hasard, par accident-  et c’est le cas- Il arrive à réaliser quelques résultats en dehors et au dehors. Et je m’en réjouis. Tout être humain, quelque soit son travail, désire être ainsi. Je le désire aussi… » Un homme de paix est celui qui a le courage de sacrifier sa vie et dans n’importe quelles conditions pour réaliser cette paix et non pas seulement en tant que ministre des affaires  étrangères ou président de la République.  Un homme de paix n’est pas celui qui se permet un exil doré sans dire un mot, sans crier et sans souffler un mot de soutien au peuple qui, lui, n’est pas en traversée de désert mais, noyé dans un fleuve de sang. Un homme de paix n’est pas celui qui refuse le poste de président d’Etat pour accepter le poste de président de la République , cinq ans après, et dans quelles conditions ? Un homme de paix est celui qui respecte son peuple et par conséquence ses choix.

 

Bouteflika en visite à Ouargla (le 20-03-2001) :

 

            Par hasard de programmation ou par calcul , cette visite tombait à pique avec la journée de grève des pétroliers qui ont protesté contre le projet de réforme des mines. En tout les cas, en matière de marketing politique, je ne vois pas mieux qu’une visite du président de la République dans cette région, pour faire taire les revendications des travailleurs de ce secteur( la colonne vertébrale de l’économie nationale) et voiler cette journée de grève. A partir de l’institut universitaire de Ouragla, devant des étudiants (qu’on n’arrête pas de qualifier de bras-cassés), Bouteflika n’a pas été tendre avec toute la société civile. Il n’a pas hésité à fustiger et le syndicat, les partis politiques et l’ONDH. Pour lui «  aucune force, aucun parti politique, aucune force sociale, aucune personne ne peut se proclamer la tutelle et la conscience du peuple algérien et de ses intérêts futurs. Celui qui dispose d’un projet meilleur que celui qui s’impose à nous, n’a qu’à le proposer, nous l’aiderons dans ce sens. ». En éliminant tous les partis politiques et les forces sociales qui pourraient se proclamer comme tutelle du peuple ? Les seuls qui resteront sont les militaires (les généraux) et leur représentant, Bouteflika. Lorsqu’il dit qu’ils sont prêts à aider celui qui proposera un projet meilleur, ignorait-il que le 25 février 2001, un mémorandum a été adressé(voir El watan du 22-03-2001) par le syndicat au ministre de l’énergie, M. Chakib Khelil, dans le but d’engager des discussions avec le partenaire social sur l’avant projet de loi relatif aux hydrocarbures. Malheureusement, aucune suite n’a été donné à cette initiative( Jusqu’au jour de cette visite du président) ? En voulant se donner le droit de décider sans la consultation des représentants des travailleurs et du peuple en général, Bouteflika a cité la nationalisation des hydrocarbures faite sans informer personne. Il a dit : « Nous étions quatre personnalités, Houari Boumediene, Ahmed Medeghri, Belaid Abdeslam et moi-même à être au courant et à prendre cette décision, en faveur des intérêts du peuple algérien ; à l’époque  ni la rue ni les travailleurs n’avaient exercé une pression sur nous. ». Au sein d’une famille modeste, le père de famille, quand il achète un bien, généralement, il fait ça en cachette, dans le but de faire une surprise aux membres de sa famille mais, le jour où il décide de vendre, il est obligé de soumettre sa décision à un débat, car entre acheter et vendre, il y a une grande différence. Voilà un simple exemple qui pourra contredire le raisonnement du président. En outre, on sait à travers l’ouvrage écrit par Ali El Kenz et Mahfoud Benoune sur Belaid Abdesselam, l’ancien chef  du gouvernement et ancien ministre de l’industrie, que Bouteflika n’avait été informé par Boumediene au sujet de  la nationalisation des hydrocarbures.

 

Pour défendre « son »choix sur le plan économique, il a  déclaré : « L’Algérie est une partie du monde auquel elle doit s’adapter. Sortir de sa salle de réanimation, elle doit s’ouvrir au capital national et étranger tout en préservant l’emploi et en créant davantage(…) Il faut sortir de cette spirale qui consiste à subventionner des entreprises déficitaires.(…) »   Notre pouvoir n’aime pas la pression qui vient du peuple mais, quand il s’agit de celles des multinationales, les projets s’imposent d’eux-mêmes. L’adaptation de notre pays au reste du monde, aux yeux de nos dirigeant, doit se faire mais elle doit se limiter au domaine économique. Les autres domaines, comme la justice, le respect des droits de l’homme,… on nous fait, toujours, avancer les traditions spécifiques du pays et autres arguments qui ne tiennent ni la route ni la piste. L’Algérie selon le pouvoir,  doit arrêter de  subventionner les entreprises déficitaires, c’est logique mais, selon le peuple, l’Algérie doit d’abord déterminer les causes de ce déficit et, surtout, elle doit arrêter de subventionner le système politique qui est en situation archi-déficitaire et qu’on n’arrête pas de réanimer à l’aide de plans obscurs.  Quotidiennement, on apprend à travers les médias étrangers les licenciements collectifs au niveau des filiales de grandes multinationales installées en Europe tout en voyant l’incapacité des gouvernants de ces pays de réagir devant de telles situations, là on se demande : est ce que « notre » président est capable, une fois entre les mains de ces multinationales, de maintenir les postes d’emploi existants et de créer d’avantage ? L’Algérie est-elle en mesure de faire face à la mondialisation avec ses 12 millions qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté et avec ses milliers de travailleurs compressés ? Par la bouche même du président, on a appris que « sept millions d’Algériens ont bénéficié de la soupe populaire « médiat el halal », lors du Ramadan dernier et 2,9 millions d’élèves ont eu droit à la prime scolaire ».  On appauvri d’abord le peuple, puis on lui donne quelques miettes sous forme d’aide. J’espère que ces chiffres ne sont pas donnés pour justifier où va l’argent du pétrole, notons que durant cette année, ce liquide noir a atteint  le sommet en matière de prix.

 

            « Il est demandé aux travailleurs d’être le moteur dans ce tournant que s’apprête à négocier l’Algérie. Mes frères travailleurs vont constater des choses qui vont les transposer  en quelques secondes, d&rsqu

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Publié dans refuge

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